Eli Anderson

Les collégiens aux manettes du Slog VII

12/06/2013

Et pour ce dernier cru, voici l'illustration qui les a inspirés :

En voici la nouvelle, que vous allez savourer...

Le pouvoir caché

Ce jour-là, Camelia se promenait dans la forêt d'Hespagnolia. Camelia était la fille du roi d'Hespagnolia Julio Cesar et de sa femme Celeste. Cette famille de grands souverains réputés pour leur bonté et leur courage et dont le plus connu était le grand Crissolorio régnait sur Hespagnolia depuis déjà plusieurs millénaires.

Quand Crissolorio arriva au pouvoir, il fit construire un grand château: il s'étendait sur quelques 900 hectares qui contenaient plus de 3500 pièces. Ce magnifique château devint la demeure de tout les successeurs de Crissolorio, dont notre héros Julio César. Quant à la forêt d'Hespagnolia, elle s'étendait sur plus de 1500 hectares et elle était ouverte à tous les habitants d'Hespagnolia. Dans cette grande forêt où la végétation était abondante, on pouvait trouver toutes sortes de plantes et de remèdes extrêmement rares.

Camelia avait hérité des magnifiques yeux bleus de sa mère et du caractère de son père, ce qui en faisait la plus belle de sa famille. Et même si tout les gens du pays n'avaient d'yeux que pour elle et sa beauté, elle n'avait jamais été capricieuse et avait toujours été là pour aider tous ceux qui avaient besoin d'elle. On allait même jusqu'à comparer sa beauté à celle d'une déesse. Du haut de ses dix-sept ans, elle était très intelligente et elle se débrouillait mieux que ses frères et sœurs. Des jeunes princes venaient de tous les horizons et certains étaient très charmants et très riches, comme le grand et courageux Giorgio, du royaume d'Italiana mais Camelia ne voulait d'aucun d'eux, ce qui faisait le grand désespoir de ses parents qui n'arrivaient pas à trouver l'âme sœur de leur fille.

Mais, Camelia était un peu différente des autres : depuis toute petite déjà elle faisait des cauchemars et dans ceux-ci, elle voyait des arbres ou encore des fleurs et diverses plantes qui lui parlaient dans son sommeil. Elle avait aussi l'impression d'avoir des pouvoirs : par exemple quand Camelia s'approchait d'une fleur fanée, la fleur revenait en quelque sorte à la vie. Elle en avait déjà parlé à ses parents et à son entourage mais personne ne l'avait cru et depuis ce jour-là elle s'était tue.

Ce jour-là donc, elle marchait dans la forêt d'Hespagnolia. C'était le jour de ses dix-huit ans. Ses parents lui avaient dit de faire ce qu'elle voulait pendant cette journée pendant qu'il préparaient une grande fête qui réunirait tous les habitants du royaume pour fêter la majorité de la belle princesse. Elle se promenait tout en cueillant des ancolies qui poussaient par centaines dans cette forêt.

Elle avait fait tomber sa broche par terre et s'était baissée pour la ramasser et pour se faire, elle avait posé son panier rempli de fleur. Au moment où elle avança la main pour le ramasser, un grand aigle majestueux s'en empara et l'emporta jusqu'au cœur de la forêt. Cet aigle volait vite : on avait l'impression qu'il allait aussi vite que la lumière. Camelia se précipita alors dans la direction prise par l'oiseau de Zeus : le grand cyprès deux fois millénaire déjà.

Il avait été planté à l'époque où la dynastie de Crissolorio venait de s'installer à Hespagnolia. Tout petit à ses débuts, il n'avait cessé de grandir et désormais il était l'arbre le plus majestueux de la forêt et surplombait tous ses congénères. Il faisait approximativement plus de deux cent mètres. Il était aussi rouge que du sang dans son intégralité et ses feuilles, qui ne tombaient jamais, étaient réputées pour leurs vertues curatives. Il était très spécial: sa base était de forme hexagonale et ses branches s'étendaient dans toute la forêt, d'ailleurs tout les arbres de cette forêt n'étaient en fait que des extensions de cet arbre car c'était lui qui fournissait toute l'énergie qui permettait à la forêt de vivre.

Quand elle arriva enfin au pied du cyprès, elle vit le grand aigle posé sur une vieille branche, le panier dans le bec. Spontanément, elle lui dit : « Monsieur l'aigle, peux-tu me rendre mon panier s'il te plaît ? ». Depuis toute petite, Camelia était très attachée aux animaux et aux plantes, il lui arrivait même quelques fois de leur parler, comme s'ils maîtrisaient l'art du langage.

Encore une fois, et cela n'est pas étonnant, l'animal ne lui répondit bien sûr pas. Elle resta immobile devant l'arbre quelques instants, et, au moment où elle s'apprêtait à faire demi-tour, une voix grave, puissante, comme issue des profondeurs de la terre lui répondit : « Oui, je vais te le rendre, mais avant, écoute ce que j'ai à te dire ». Surprise, la princesse crût un instant que l'aigle venait de lui répondre et, tout naturellement, comme si elle s'adressait à un être humain, elle lui demanda de répéter ce qu'il venait de dire. Au moment-même où elle prenait conscience de l'inutilité de la phrase qu'elle venait de prononcer, l'aigle la fixa de son regard intense, presque humain, ouvrit son large bec et laissa échapper les mots qu'il avait déjà prononcé quelques instants plus tôt.

Camelia était au comble de l'étonnement. Tout le monde savait que les oiseaux ne parlaient pas. En même temps, elle était rassurée, toutes ses certitudes, toutes ses intuitions étaient vérifiées. Enfin un animal lui avait répondu. Ses cauchemars, ses « pouvoirs », tout était réel et avait bien un sens. Au comble du bonheur, elle s'empressa de demander à l'aigle ce qu'il voulait, redoutant encore un peu au fond d'elle-même que ces paroles tant attendues ne soient qu'un songe, un rêve éveillé.

L'aigle lui répondit: « Peux-tu prendre la fleur qui est juste à tes pieds? ». La jeune fille accepta la requête du rapace. Après avoir pris la petite fleur verte à pois jaune qui était devant elle, elle lui demanda ce quelle devait faire ensuite. L'aigle répliqua : « Je voudrais que tu prennes un pétale et que tu le manges? Ne t'inquiète pas, cette fleur est inoffensive ». La princesse mit le pétale dans sa bouche et le mâcha lentement et sans un mot.

Après l'avoir avalé, l'aigle la fixa de ses yeux perçants, sans bouger, quelques minutes s'écoulèrent. L'oiseau se décida à parler : « C'est bien ce que je pensais... ». La fille, surprise, lui demanda ce qu'il pensait et de plus en plus surprise à chaque mot que l'être qui se tenait devant elle prononçait, elle s'exclama : « Mais que me voulez vous à la fin? Pourquoi m'avez vous dit de faire tout cela?

L'aigle toujours calme, peu importe la situation, répliqua : « Cette fleur est une caladium : c'est une fleur extrêmement rare et très dangereuse pour quiconque oserait la manger. Tous ceux qui ont fait l'expérience de son goût si sucré et pourtant si dangereux, ne sont plus de ce monde. Mais il n'y a qu'une seule personne qui est capable de résister à son pouvoir magique. ».

La jeune princesse qui ressentait de la peur et un autre sentiment qu'elle ne saurait expliquer s'exclama : « Mais, qui est cette personne ? ». Un seul mot suffit à semer le doute dans l'esprit de la princesse: « La grande déesse de la nature qui descend de la femme du grand roi Crissolorio : Alcira. Elle est la seule qui possède le pouvoir de contrôler la faune et la flore et de faire obéir ces derniers à ses ordres. N'as tu point remarqué que tu avais quelques pouvoirs ? C'est parce que tu es la descendante d'Alcira qui a été choisie par le destin. Depuis toutes ces générations, nous, les animaux de la forêt, attendions ton arrivée. Désormais, tu peux contrôler tout ce qui est dans cette forêt, toute la végétation que tu trouveras et les animaux obéiront à tes ordres sans jamais discuter. Tous les pouvoirs que tu croyais avoir ne sont qu'une maigre partie de tout ce que tu peux effectuer. La raison est simple : tes vrais pouvoirs ne s'activent qu'à ta majorité, donc à tes dix-huit ans et en l'occurrence ce jour est en train de se dérouler en ce moment même. »

La princesse ne parla pas pendant de longs instants, elle venait enfin de comprendre la raison de tout ce qu'il lui arrivait. Elle venait de trouver un sens à sa vie ! Elle pourrait vivre sa vie pleinement et comme elle le voulait.

Après ce long moment de silence, l'aigle se décida à parler: « Maintenant, essaye tes pouvoirs. Concentre-toi et imagine que tu es en train de déraciner le chêne qui se trouve devant toi en le pointant du doigt ». La princesse avait déjà fermé les yeux et se concentrait sur l'arbre.

Elle se disait qu'il était impossible de déraciner un arbre de cette envergure même s'il était plus petit que le cyprès, mais elle décida de croire l'aigle. Elle pensait à son objectif et d'un coup, à un moment presque inattendu, elle poussa un cri de rage : toutes ses émotions semblaient sortir de son corps par le moyen d'une lueur verte qui envahissait la forêt à une vitesse hallucinante. L'aigle avait bien vu que la princesse avait déployée trop d'énergie et bientôt la forêt entière serait ravagée. Il ne s'attendait pas à cela. Il commença à chercher une solution aussi vite qu'il le pouvait pour arrêter cette future catastrophe et soudainement, l'inexplicable et l'incroyable se produisirent : la forêt entière se souleva et la princesse se découvrit une autre force ...

Réda Colin, Krishshanth et Roger Urwayo

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