Eli Anderson

Et si votre livre était édité ?

31/10/2011

Alors avant tout, je tiens à vous dire quelque chose qui va vous décevoir (eh bien bravo Eli, ça commence bien, c'était bien la peine de réclamer ce billet depuis des lustres et de l'attendre comme le messie pour avoir droit à une telle entrée en matière... oui, je sais, pardonnez-moi) : je n'ai pas de recette magique qui vous conduira tout droit à la publication de votre texte. En revanche, je vais vous parler de la voie que j'ai suivie et vous donner des conseils pour offrir à votre livre les meilleures chances auprès d'un éditeur.

Allez hop, on y va, embarquez !

1ère étape : un texte A-BOU-TI

Quand je dis abouti, je veux dire, un texte qui vous semble aller au bout de ce que vous vouliez écrire, qui vous satisfait pleinement – même si on n'est jamais satisfait à 100% - sur lequel vous avez accepté et pris le temps de revenir et travailler encore et encore. Aussi, n'envoyez pas un texte en vous disant : « Oh, ce n'est pas parfait, mais j'ai la flemme de revenir dessus, et l'éditeur est un pro, il saura deviner mon immense talent derrière mon texte ». Non, chers amis, non : l'éditeur n'est pas un devin, et même si vous avez beaucoup de talent, il peut passer à côté si le texte n'est pas dans ce qui vous semble être sa meilleure version possible.

Pour cela, je vous conseille de laisser votre texte reposer une quinzaine de jours et de le relire : vous verrez, mille choses vous sautent alors aux yeux, que ce soit en matière de structure ou d'écriture, et des changements s'imposeront d'eux-mêmes. Puis recommencez une ou deux fois.

Ne soyez pas pressés, voilà la règle d'or pour se donner toutes les chances d'envoyer un texte abouti.

2ème étape : un texte propre

Je parle ici de forme, pas de fond. La forme est capitale, parce que dites-vous bien que ces éditeurs reçoivent des centaines de manuscrits, voire des milliers par an, et qu'il suffit que ce soit inconfortable à la lecture pour que le manuscrit passe par la case « refusé». Par propre, j'entends sans fautes d'orthographe ni grammaire (ou le moins possible, parce que certaines vous échapperont forcément), tapé et imprimé sur un simple recto (pas de recto verso, ça les agace, allez savoir pourquoi...). Petits conseils : aérez votre texte ; pas plus de trente-cinq lignes par page. Enfin, pas de police extravagante ; arial ou time new roman, ça ira bien, c'est standard et facile à lire.

3ème étape : le faire lire à son entourage... ou pas

Voilà une consigne qui n'en est pas une, parce qu'elle n'est pas du tout obligatoire. C'est une question de feeling, de confiance (en soi et en les autres). Certains préfèreront garder la chose secrète et ne la partager qu'avec des professionnels neutres, d'autres éprouveront au contraire le besoin de soumettre leur texte au test d'une lecture extérieure. Un seul conseil : si vous le faites lire, ne le donnez pas à lire à trop de monde. D'abord parce qu'il faut préserver une certaine confidentialité (si vous retrouvez le lendemain le titre de votre livre en gros et gras sur le profil Facebook d'un copain qui croit vous faire plaisir, vous allez l'avoir mauvaise), ensuite parce que trop d'avis divergents vont vous déstabiliser et vous éloigner, surtout, de ce que vous souhaitiez écrire.

4ème étape : avant tout envoi (à QUICONQUE), on protège son texte

Protéger son texte, c'est l'enregistrer auprès d'une société qui a l'habitude de le faire, pour pouvoir prouver son « antériorité" en cas de litige. Exemple : vous avez fait lire votre texte à un « ami » (super, l'ami...) qui le copie et le fait publier avant vous. Comment prouver que c'est un texte que vous avez écrit avant lui ? D'où l'intérêt de le protéger : vous pourrez demander à la société qui l'a enregistré à une date précise de le ressortir de ses archives. Les deux sociétés les plus connues : la SACD et la SGDL (cf. les sites Internet).

5ème étape : l'envoi du manuscrit

Ne l'envoyez pas au monde entier. Choisissez quelques éditeurs qui semblent publier des textes de la même veine, puis envoyez-leur votre texte. Si vous voulez être certain qu'ils l'ont reçu, optez pour un envoi en recommandé.

6ème étape : priez si vous êtes croyants, et soyez patients.

On a l'habitude de dire qu'un texte susceptible d'être publié est repéré rapidement (15 jours ou trois semaines), et souvent par toutes les maisons d'édition qui vous appellent à la chaîne. Cela dit, il y a mille exemples de gens qui ont publié des textes des années plus tard, en ayant retravaillé puis renvoyé à des maisons différentes, donc ne désespérez JAMAIS et accrochez-vous. Si certains éditeurs – c'est rare – prennent la peine de vous donner quelques conseils malgré un refus de publier votre livre, écoutez-les, ne soyez pas fermés aux critiques (en même temps, n'écoutez que celles qui vous « parlent », d'où qu'elles viennent ; sinon, vous n'aurez jamais fini d'écouter).

Enfin, si vous avez une réponse positive – ou plusieurs -, eh bien... vous n'aurez sans doute plus besoin de mes conseils !

Bonne chance à tous, et en attendant, moi, je me régale en vous lisant, et je me dis que j'ai beaucoup de chance de pouvoir le faire, parce que lorsque vous serez des écrivain(e)s célèbres, peut-être que vous n'aurez plus le temps de venir sur le Slog ?

Tenez-nous au courant du destin de vos textes sur ce billet !

Comments

Number of comments per page

Pour ajouter votre commentaire ici, connectez-vous à votre compte ou créez-en un en complétant le formulaire ci-dessous



Réagissez




Captcha

Please enter the characters displayed in the image

Actualités

Vous voulez participer
à ce Slog,
écrire des commentaires,
partager votre point
de vue ?

S'inscrire à la Newsletter

En indiquant votre adresse mail ci-dessus, vous consentez à recevoir l'actualité des auteurs Versilio par voie électronique. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment à travers les liens de désinscription.
Vous pouvez consulter nos conditions générales d'utilisation et notre politique de confidentialité.