Antoine Audouard

Blog de Antoine Audouard


HOUELLEBECQ HEUREUX

 

Ecrire à propos de Houellebecq c'est sans doute écrire quelque chose qui a déjà été écrit à son sujet, si ce n'est par lui-même, c'est aussi avoir l'impression désagréable de se trouver  l'intérieur d'un roman de Houellebecq - ceci pour commencer en utilisant les italiques qui lui sont chères pour dire ce qui compte. Par l'adulation ou la détestation, il semble provoquer un dommage collatéral étrange : on écrit comme lui, qu'on le veuille ou non.


Aux abattoirs

I

Il y a quelques mois, je me trouvais dans un abattoir de Tarascon, département des Bouches-du-Rhône, petite ville plus connue pour son Front National, son château et son Tartarin. Avec beaucoup d'hésitations, traversant une aube brumeuse et pluvieuse, j'avais chaussé les survêtements - blouse, chapeau, chaussettes - tout semblables à ceux que l'on distribue dans les maternités. J'étais resté coincé un temps dans une vaste chambre froide où il fallait pousser des carcasses de vaches pour se frayer un chemin. Enfin, selon mon v?u étrange et contre moi-même aussi, je me trouvais au carré d'abattage, dans la Cité du Sang.

 


UN INTERMINABLE GUANTANAMO JUDICIAIRE

Mourad Benchellali (photo le Figaro)

Il y a bientôt six ans, dans l'avion qui le ramenait de Guantanamo, Mourad Benchellali et ses cinq compagnons français pensaient que leur cauchemar était terminé. Après deux ans et demi de détention dans des conditions dénoncées universellement, Mourad allait retrouver la liberté et le chemin d'une vie à reconstruire. Il n'en a rien été - et l'on peut même se demander si le nouveau cauchemar dans lequel il est entré n'est pas, à certains égards, comparable au précédent. Il implique le système policier et judiciaire français, l'hypocrisie gouvernementale et l'indifférence de tous.
 


Français, mais pas vraiment

Libres et égaux en droit? Remarques sur la discrimination administrative de base qui fait la distinction entre Français "de catégorie 1" et Français de "catégorie 2".


Au commencement il y avait le silence

A La Maison de Quartier de Wazemme (Lille) en juin 2009, Samira m'a invité à la "remise des travaux" de son association, Mademoiselle S. Chanteurs, slammeurs, femmes en quête de mémoire... Une histoire de rencontres et de mots. Avant de venir, je lui avais demandé ce qu'elle attendait de moi. "Rien, a-t-elle dit, que tu sois là."

Voilà.


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