Antoine Audouard

Blog de Antoine Audouard


L'homme comme yahoo

De Montaigne à Todorov en passant par Montesquieu, de nombreux philosophes ont démasqué notre tendance à voir en l'étrange étranger, dont la langue et les coutumes sont différentes des nôtres, un barbare radicalement autre, une «brute» incivilisée et donc exploitable, massacrable à merci : cette illusion-prétexte est même un des éléments tragiques de ce que Todorov appelle «la signature humaine».

Une scène du voyage final de Gulliver illustre magnifiquement la même idée : lors de ce qui sera son ultime voyage, Gulliver découvre le pays des Houynhnms (chevaux parlant et sages qui dominent les «yahoos» à forme humaine mais noirs de poils comme de saleté.) Dès qu'il les a aperçus, Gulliver a été animé de la certitude que si la ressemblance - aussitôt découverte par les Houynhnms - n'était pas contestable, il n'était, lui, pas comme ces ignobles brutes marchant à quatre pattes, se servant de leurs ongles comme de griffes et incapables de s'exprimer autrement que par des grognements, des cris ou  des gémissements. Toutefois alors qu'il se baigne dans un cours d'eau, une jeune yahoo aperçoit Gulliver nu et, saisie d'un violent désir pour lui, se précipite pour l'embrasser. Défendu par le cheval attaché  à sa protection,  Gulliver échappe à une étreinte qui lui répugne et le trouble car il se voit contraint de reconnaître en cet être hirsute et repoussant comme une autre moitié de lui-même. Dans la violence instinctive du désir sexuel à l'état de nature, le voici forcé de reconnaître, non seulement son ancêtre et cousin  disparu Néandertal  (que les descriptions de la paléo-anthropologie  moderne rapprochent nettement de celle Swift) mais - au-delà de la lointaine filiation - l'évidence de sa condition de yahoo, c'est-à-dire d'homme.

 


HALTE A LA VIOLENCE DES FEMMES !

 

Fait divers : M.L. vient d'avouer avoir étranglé sa femme. « Accidentellement »,  affirme-il.  Une dispute qui a mal tourné?  A quoi son avocat ajoute aussitôt que, dans le couple, ce n'était pas l'homme qui était violent, mais la femme?

Cela m'a rappelé des souvenirs. La « dispute »  au cours de laquelle Bertrand Cantat tue Marie Trintignant : un malheureux accident dans la vie d'un couple turbulent. Sa défense a-t-elle prétendu que Mlle Trintignant, sous ses dehors charmants, était une furie qui faisait vivre l'enfer au chanteur de Noir Désir ? Je ne m'en souviens pas.

Lors d'un voyage en Argentine, il y a pas mal d'années, on nous offrit de rendre visite à Carlos Monzon. Le boxeur était emprisonné pour avoir jeté sa femme par-dessus le balcon : elle était morte. « Un accident », insistaient les amis du boxeur, ils se disputaient souvent et Susana (le nom de l'infortunée) avait du répondant. Il en fallait face à un boxeur vainqueur de 87 combats  et quinze fois champion du monde ; le jeu de jambes de Susana n'était pas assez affûté ce jour-là. Le manque d'assiduité à l'entraînement se paie cash.

Loin de crier haro sur ceux qui tuent leur conjointe, nous devrions considérer - ce à quoi l'avocat de monsieur L. s'emploiera sûrement - en quoi leur geste n'a été qu'une réponse légitime, quoique maladroite, à la violence dont ils étaient victimes de la part d'hypocrites  harpies à qui la société pardonne tout.


LE MEILLEUR DES BOUGRES

 

Il y a vingt ans, après un long accouchement intérieur, je mis en oeuvre la décision  (« idiote » selon la charmante dégère du groupe) de mettre fin à ma « carrière » dans l'édition. Quelques-uns de ceux que j'avais rencontrés me demandèrent si je voulais bien les accompagner. Nul ne me fut proche que Tzvetan Todorov, « paysan du Danube », comme il se qualifiait avec un humour  dont une majorité d'intellectuels français sont hélas démunis, ou bien « bougre », c'est-à-dire bulgare, comme je l'appelais tendrement surnommé, étant un peu bougre moi-même, Tzvetan fut pour moi un ami à la Tchekhov : un des rares aussi admirables par son oeuvre que par son être pour  son tempérament tendre, don exigence intellectuelle, sa tolérance, son amour de la vie, sa curiosité spontanée , sa simplicité - tous traits qui se retrouvent d'ailleurs dans  ses livres.  En décembre 2016, à la veille de mon départ pour un séjour de médecine ayurvédique en Inde, j'étais passé le voir  chez lui, près des arènes de Lutèce. Fatigué, il n'avait pu participer à la promotion d'un ouvrage où sa connaissance intime de la culture et de l'histoire russes s'exprimaient de façon admirable. Il n'avait plus  l'envie ou la force, m'expliqua-t-il, de se lancer dans ces longues randonnées intellectuelles qui exigent des années de lectures, de synthèse, de réflexion tranquille. Il souhait plutôt rassembler les nombreux textes courts (articles, préfaces, interventions dans des colloques), dits improprement « de circonstance » car si c'est la circonstance qui les provoque, ils émergent du plus profond de l'être, dans ce qui fait le fond de sa culture et de son caractère. Il s'employait à les organiser, une tâche à laquelle sur son lit d'hôpital il consacra ses dernières forces avec l'aide de Sacha et Léa, enfants aussi aimants qu'ils étaient aimés. Ainsi naquit le livre qui paraît dans quelques jours, un an presque jour pour jour après le décès de Tzvetan. Le philosophe André Comte Sponville,  proche entre les proches  et lecteur  attentif des livres de son ami, a bien voulu surmonter ses réticences d'humilité et introduire son ainé en prêtant plus que son nom  et quelques lignes  de convenance

Pour ceux qui le lisaient déjà comme pour ceux qui le prenaient pour un « maître penseur » universitaire indifférent aux labeurs et aux souffrances des hommes, voici l'occasion de faire connaissance avec le « meilleur des  Bougres » : un ami qui ne  les quittera plus et leur réchauffera l'âme aux jours de fraîche grisaille.

 

Références:

Tzvetan Todorov, Vivre et Lire, préface d'André Comte Sponville (Robert Laffont/Versilio, parution le  1er février 2018)

Du même,  Le Triomphe de l'artiste (Flammarion/Versilio, 2017)

Sans oublier ses nombreux ouvrages disponibles dans la collection Points Seuil,  et le volume Le siècle des totalitarismes (Robert Laffont/Bouquins, 2016)

 

 


SOLIDARITÉS DESORDONNEES

« Personne ne peut tout faire, mais chacun peut faire quelque chose. » La phrase du poète et musicien Gil Scott-Heron me revient souvent en mémoire.

Sans vouloir me transformer en professeur de morale ou en curé en chaire (c'est un peu tard, je le crains), il me semble que ces temps de célébrations familiales et amicales sont propices à la méditer et à la mettre en pratique, chacun à notre façon.

En plus de l'aide spontanée, instinctive, que nous apportons à ceux de nos proches qui en ont besoin, il nous est possible d'élargir le cercle et de contribuer à notre mesure, à notre échelle, à faire ce « quelque chose », ce misérable petit quelque chose qui ne change pas le monde, ne sauve pas la personne - mais allège une condition, permet un repas, le paiement d'une note de chauffage. Certains de mes amis consacrent à ces « oeuvres », comme on disait autrefois, une part fixe de leurs revenus annuels. Nous sommes plus désordonnés, mais nous tachons chaque année de penser aux associations qui nous  tiennent à coeur ou à des personnes que nous savons dans la difficulté et de  faire  ce geste simple de glisser un chèque dans une  enveloppe - ça ne nous empêche pas d'être normaux, banals en dépensant trop d'argent pour les cadeaux des enfants et les menus de repas de fête mais, toute question de responsabilité et de culpabilité à part, cela nous donne l'impression de prendre place dans ces chaînes de solidarité invisibles de bonté privée, sans témoin, qui relient les humains au-delà du « chacun pour soi ».

Bonne année !

 

PS : association Art et Solidarité Warl.  www.as-warli.com

 

 


ELECTIONS : TCHEKHOV 1 - Trump 0

 

Il y a un an, à la stupéfaction générale (la sienne comprise) Donald Trump était élu président des Etats-Unis.

Le lendemain, je rendais visite au plus jeune de mes vieux copains, le merveilleux Guy Leverve, atteint de la maladie de Charcot et qui, après des mois de lutte pour continuer à vivre seul dans son petit appartement avec l'aide de ses deux fils et de quelques proches, venait de jeter l'éponge et de se faire admettre à la maison de soins palliatifs Jeanne-Garnier dans le 15e à Paris. Allégé, pris en charge, ayant mis ses affaires en ordre, il connaissait un répit dont il profitait pour lire, peindre de belles aquarelles et plaisanter avec les infirmières. Dès mon entrée, je l'entendis pester contre le businessman et je protestai mollement.

-      Franchement, vu où tu en es, tu n'en as pas un peu rien à foutre, du Trump !

Je me pris une volée de bois vert modèle vieux gaucho non repenti.

-      Mais tu ne te rends pas compte, c'est Hitler, ce mec!

Sur ce, Guy m'indiqua sur son étagère le gros volume de la correspondance de Tchekhov - quatre ans de travail pour ma voisine Nadine afin de choisir et traduire un petit millier de lettres. Il avait, avant son admission commandé l'ouvrage à sa libraire de quartier, dans le 12e, et voulait que je lui dédicace, ce que je fis de bonne grâce, découvrant à l'occasion ses origines en partie russes.

Dix jours plus tard, lors de ma visite suivante, non seulement il avait lu les trente pages de ma préface - mais l'intégralité des lettres. Il ne fut plus entre nous question de Trump, mais nous comparâmes nos lettres favorites de cet ami que nous n'avions pas connu mais qui s'offrait à nous, familier, tendre, ironique, nécessaire.

Sur ce, amis lecteurs, comme le grand Anton Pavlovitch concluait souvent ses lettres, soyez sereins et joyeux, oubliez Trump un jour ou deux, et votez Tchekhov !

Référence : Vivre de mes rêves, lettres d'une vie, choisies, traduites et présentées par Nadine Dubourvieux, préface d'Anton Ivanovitch Audouard (collection Bouquins, Robert Laffont, 2016)

 


VOTEZ MENDOZA !

INDEPENDANCE DE LA CATALOGNE : VOTEZ MENDOZA !

 

« J'étais revenu à Barcelone, la tragédie recommençait, c'était partout la même violence et la même haine sans objet (?). Plutôt unis par leurs antagonismes et leurs angoisses que séparés par leurs différences idéologiques, les Espagnols étaient en train de descendre, dans une cohue pleine de confusion, une échelle de Jacob renversée, dont les barreaux étaient une succession de vengeances et la matière un enchevêtrement inextricable d'alliances, de dénonciations et de trahisons qui menaient tout droit à l'enfer d'une intransigeance née de la peur et du crime engendré par le désespoir. »

A l'heure où, à deux heures de vol de chez nous, la Catalogne se mue jour après jour en Catalistan, il est bon de lire (ou de relire) ces lignes écrites par un romancier d'une trentaine d'années - non pas hier dans la chaleur des manifestations et contre-manifestations, mais en 1975, les yeux tournés vers l'Espagne de l'avant et après Première Guerre mondiale. La vérité sur l'affaire Savolta était le premier roman d'un écrivain espagnol né à Barcelone, la «ville des prodiges», restée son héroïne au fil d'une oeuvre intensément personnelle et tranquillement universelle, avec ses personnages de misérables puissants et de pauvres, de prêtres masturbateurs, de criminels à l'âme pure, de policiers en proie au doute, de prostituées et de nonnes, de princesses vraies ou fausses. Qu'ils soient amples ou plus ramassés, de tonalité plutôt dramatique ou comique, historiques ou policiers, les romans de Mendoza sont un délice littéraire inépuisable, une comédie humaine moderne, une méditation souriante sur notre condition, une démonstration d'absolue liberté qui, à défaut de descendre dans les rues, danse à chaque ligne et nous laisse, la dernière page tournée, les yeux rouges de tristesse et de joie. On ne sait ce qui demain adviendra de MM. Puigdemont et Rajoy -  sans le savoir, sans s'en douter, tout vibrant de fureur, ils ont déjà rejoint la cohorte des fantômes du pouvoir qui, génération après génération, hantent les romans de Mendoza.


LE TRUMP ET LA FUREUR

Les échos sonores et visuels des éclats de l'occupant de la Maison Blanche sont devenus un show télévisé mondial : de ce point de vue -  le seul qui semble le motiver en continu - la présidence de M. Trump est un superbe, un incontestable triomphe. Avant son improbable élection, certains estimaient que sa campagne, vouée à l'échec par ses absurdités, ses outrances, ses mensonges, était la préparation d'un show télévisé pour Fox News ou une chaîne rivale. Trump a fait beaucoup mieux que d'être élu, il a créé son show  quotidien au sein même de la Maison Blanche.

Que cela soit volontaire et cynique ou inconscient et en partie défensif, un de ses ressorts principaux est d'utiliser la colère - y compris celle de ses adversaires les plus acharnés -  en karateka,  afin de faire grimper l'audience. Comme souvent, le cinéma « commercial » avait anticipé brillamment ce moment. J'ai revu récemment Network de Sydney Lumet - un film de divertissement profond et désespéré où le ressort de la montée en puissance du personnage principal est la manipulation des foules par la mise en scène de la colère. Il me semble une référence plus adéquate pour rendre compte des sorties incessantes de Trump, que les sources littéraires souvent citées, sans parler de Shakespeare et Faulkner. La conclusion du film n'est en rien rassurante : le meurtre en direct de la star télévisée sur commandite des puissants qu'il a servis puis dérangés ne serait une vue enviable que pour certains « antifas » frénétiques. L'idéal serait que l'audience baisse - mais on peut craindre le programme suivant presque autant que l'actuel - tant cette fureur est installée et profonde.

Bonus : la scène culte de Network où Howard Beale (Peter Finch) lance la campagne de Donald Trump.
http://bit.ly/1PJCBg9

 


SALAUDS DE PAUVRES !

« Salauds de pauvres ! » Il paraît que la fameuse exclamation de Jean Gabin dans l'inoubliable Traversée de Paris, qu'il éclaire (et assombrit) avec Bourvil, tout aussi génial, est devenue virale sur la Toile.

On pourrait y ajouter « crétins de pauvres ! »

Ceux-ci, en effet, semblent avoir un mal infini à comprendre la tendance mondiale qui tend à donner plus aux riches, non pour le bien des riches qui s'en foutent, mais pour celui des pauvres. Des pauvres, rien de ce genre ne nous surprendra car - c'est bien connu, s'ils étaient intelligents ils seraient déjà sortis de leur feignasserie loqueteuse et navigueraient à bord de leur premier yacht. Mais non ! Encrassés dans l'ignorance ils s'obstinent à croire que ce qui est donné en plus aux riches leur profitera alors que c'est tout le contraire : c'est pour le bien des pauvres que  sont prises ces mesures, de Trump à Macron.

Ayant ouvert sur le cinéma, concluons de même, avec la protestation indignée d'un personnage de Nous nous sommes tant aimés d'Ettore Scola : « Vous ne  vous rendez pas compte que notre vie à nous, les riches, est beaucoup plus difficile car nous sommes peu nombreux, et donc très seuls, alors que vous, les pauvres, vous êtes un paquet et vous pouvez vous serrer les coudes! »

 

 PS : en bonus l'extrait de  La Traversée de Paris :

https://www.youtube.com/watch?v=g49oPb6kuDg

 


EXCUSES de tartuffes

 

Un homme n'ayant ni bras ni jambe se voit demander sa carte d'invalidité par un contrôleur de la SNCF ; des voyageurs témoins s'indignent : Philippe Croizon poste un tweet plus amusé qu'indigné et les réseaux sociaux s'enflamment. La SNCF présente ses excuses et l'on suppose que l'histoire s'arrête là. Quelque chose dans ces excuses mérite toutefois qu'on s'y attarde. La SNCF explique en effet qu'il était dans le rôle du contrôleur de vérifier si l'accompagnatrice de M. Croizon (sa maman) bénéficiait de la gratuité (invalidité à 100%) ou  seulement des 50% de réduction attribués aux accompagnants des invalides à 80%.

Il y a ici, pour commencer, un manque de bon sens affligeant de la part du contrôleur : qu'on me demande ma carte à moi, qui ai deux bras et deux jambes, même si je me déplace difficilement, c'est tout à fait normal - mais à un polyhandicapé en fauteuil roulant privé de ses quatre membres, faut-il être docteur en médecine pour conclure qu'il est invalide à 100% ? Révélateur aussi - surprise ! -  la SNCF craint plus ses syndicats que les associations de handicapés : critiquer ou sanctionner un contrôleur pour imbécillité aggravée, c'est prendre le risque de troubles sociaux : au lieu de considérer avec l'humour de M. Croizon que, sans doute, ce « monsieur  a  eu une mauvaise journée, peut-être il est fatigué »  le débat sera porté sur les cadences infernales, les horaires impossibles, la nature et les conditions de la mission des contrôleurs - et leurs primes.

J'ajoute qu'il y a plus d'une contradiction dans la politique de la SNCF vis-à-vis des handicapés : gratuité pour les 100% et leurs accompagnants, pas de réduction pour les 80% et 50% pour leurs accompagnants ; assistance efficace et gratuite en gare (mieux qu'en Allemagne où ce soin est laissé à des associations caritatives). En cas de grève et d'annulation de trains (j'ai pu le constater lors des grèves de 2016), nulle priorité pour les titulaires de la carte d'invalidité : les premières  places disponibles sur le premier train seront pour les plus rapides.

Les vraies excuses de la SNCF à M. Croizon (avec qui, dit-il, « en général ça se passe super bien ») ne seraient pas une sanction contre le malheureux qui suivait sans discernement  la procédure, mais une véritable réflexion sur sa politique d'ensemble vis à vis des handicapés : il risque de les attendre longtemps, car on n'est pas prêt de nous voir bloquer les voies et les gares : handicapés en fauteuils roulants, hémiplégiques mes frères et soeurs, tétraplégiques mes cousins/cousines?


Officiel : Stéphane monte au ciel

 

 

J'ai partagé ici et avec quelques proches l'émotion ressentie à la mort de mon vieux pote d'école. L'un de ces amis, qui m'envoie chaque jour une photo d'un ciel du coin des Cévennes, où il vit avec sa femme, m'a adressé celle-ci, qu'il a dédiée à Stéphane. 

Je la partage, en y adjoignant le poème que cette vue quotidienne m'avait inspiré il y a quelques mois.

 

CHAQUE MATIN MON AMI M'ENVOIE UN CIEL

 

Chaque matin mon ami m'envoie un ciel

Ciel bleu nuit ou ciel d'orage

Ciel de pluie ou ciel de feu

Ciel bouché ou grand ouvert

Ciel gris ou bien tout en couleurs

C'est le ciel qui s'ouvre à sa fenêtre

Celui qui couvrira son humeur ses labeurs

Pour un jour joyeux ou triste.

Sa loi morale je ne la connais pas

Plus qu'il ne connaît la mienne.

Kant, sévèrement, nous dirait qu'elle est une

Mais les ciels divers qui lui passent au-dessus de la tête

Il les partage avec moi comme on ouvre son coeur.

Chaque matin mon ami m'envoie un ciel.

Et quand ont passé les heures

Et que son ciel n'est pas arrivé sur mon écran

Je ne suis pas inquiet, j'attends.

Le ciel  de mon ami viendra en son temps

Chaque matin mon ami m'envoie un ciel.

 

 

 

 


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