Antoine Audouard

Blog de Antoine Audouard


VOTEZ MENDOZA !

INDEPENDANCE DE LA CATALOGNE : VOTEZ MENDOZA !

 

« J'étais revenu à Barcelone, la tragédie recommençait, c'était partout la même violence et la même haine sans objet (?). Plutôt unis par leurs antagonismes et leurs angoisses que séparés par leurs différences idéologiques, les Espagnols étaient en train de descendre, dans une cohue pleine de confusion, une échelle de Jacob renversée, dont les barreaux étaient une succession de vengeances et la matière un enchevêtrement inextricable d'alliances, de dénonciations et de trahisons qui menaient tout droit à l'enfer d'une intransigeance née de la peur et du crime engendré par le désespoir. »

A l'heure où, à deux heures de vol de chez nous, la Catalogne se mue jour après jour en Catalistan, il est bon de lire (ou de relire) ces lignes écrites par un romancier d'une trentaine d'années - non pas hier dans la chaleur des manifestations et contre-manifestations, mais en 1975, les yeux tournés vers l'Espagne de l'avant et après Première Guerre mondiale. La vérité sur l'affaire Savolta était le premier roman d'un écrivain espagnol né à Barcelone, la «ville des prodiges», restée son héroïne au fil d'une oeuvre intensément personnelle et tranquillement universelle, avec ses personnages de misérables puissants et de pauvres, de prêtres masturbateurs, de criminels à l'âme pure, de policiers en proie au doute, de prostituées et de nonnes, de princesses vraies ou fausses. Qu'ils soient amples ou plus ramassés, de tonalité plutôt dramatique ou comique, historiques ou policiers, les romans de Mendoza sont un délice littéraire inépuisable, une comédie humaine moderne, une méditation souriante sur notre condition, une démonstration d'absolue liberté qui, à défaut de descendre dans les rues, danse à chaque ligne et nous laisse, la dernière page tournée, les yeux rouges de tristesse et de joie. On ne sait ce qui demain adviendra de MM. Puigdemont et Rajoy -  sans le savoir, sans s'en douter, tout vibrant de fureur, ils ont déjà rejoint la cohorte des fantômes du pouvoir qui, génération après génération, hantent les romans de Mendoza.


Admiration

 

Ceux que nous aimons ne sont pas tous admirables et ceux que nous admirons pas forcément aimables.
La vie nous fait parfois le cadeau de rencontrer un (petit) nombre d'êtres qui sont l'un et l'autre.

C'est donc un privilège plus qu'un devoir pour moi  - quelques mois après sa disparition - d'accompagner la publication d'un volume de textes courts (articles, préfaces, interventions dans des colloques) du merveilleux Tzvetan Todorov, « paysan du Danube » (comme il se désignait lui-même), devenu l'un des intellectuels français les plus respectés et lus en Europe et dans le monde. Ayant été peu prophète en un pays dont il avait adopté la langue, la cuisine et la partie des traditions intellectuelles privilégiant l'esprit de tolérance à celui de fureur, Tzvetan travaillait à distance des polémiques, attentif au monde par amour des êtres, mais préférant la tranquillité de l'étude et de la réflexion à l'agitation des phrases à l'emporte-pièce.

Quelques semaines avant sa mort, sa lucidité intellectuelle intacte, il mettait au point sur son lit d'hôpital la table des matières de ce volume, dans les moments de répit que la maladie lui laissait. L'aide de ses enfants Léa et Sacha, l'amitié du philosophe André Comte-Sponville et l'engagement sans réserve d'un éditeur vont rendre cette publication possible en février prochain, pour le premier anniversaire de sa mort. Pour ses lecteurs, comme pour d'autres qui ne le connaissaient pas, ce sera une belle occasion de découvrir l'univers de ce Bougre aimable et admirable.

 

Référence : Vivre et lire, de Tzvetan Todorov, édition préparée par Léa et Sacha Todorov, préface d'André Comte-Sponville (à paraître aux éditions Robert Laffont en février 2018)

 


LE TRUMP ET LA FUREUR

Les échos sonores et visuels des éclats de l'occupant de la Maison Blanche sont devenus un show télévisé mondial : de ce point de vue -  le seul qui semble le motiver en continu - la présidence de M. Trump est un superbe, un incontestable triomphe. Avant son improbable élection, certains estimaient que sa campagne, vouée à l'échec par ses absurdités, ses outrances, ses mensonges, était la préparation d'un show télévisé pour Fox News ou une chaîne rivale. Trump a fait beaucoup mieux que d'être élu, il a créé son show  quotidien au sein même de la Maison Blanche.

Que cela soit volontaire et cynique ou inconscient et en partie défensif, un de ses ressorts principaux est d'utiliser la colère - y compris celle de ses adversaires les plus acharnés -  en karateka,  afin de faire grimper l'audience. Comme souvent, le cinéma « commercial » avait anticipé brillamment ce moment. J'ai revu récemment Network de Sydney Lumet - un film de divertissement profond et désespéré où le ressort de la montée en puissance du personnage principal est la manipulation des foules par la mise en scène de la colère. Il me semble une référence plus adéquate pour rendre compte des sorties incessantes de Trump, que les sources littéraires souvent citées, sans parler de Shakespeare et Faulkner. La conclusion du film n'est en rien rassurante : le meurtre en direct de la star télévisée sur commandite des puissants qu'il a servis puis dérangés ne serait une vue enviable que pour certains « antifas » frénétiques. L'idéal serait que l'audience baisse - mais on peut craindre le programme suivant presque autant que l'actuel - tant cette fureur est installée et profonde.

Bonus : la scène culte de Network où Howard Beale (Peter Finch) lance la campagne de Donald Trump.
http://bit.ly/1PJCBg9

 


SALAUDS DE PAUVRES !

« Salauds de pauvres ! » Il paraît que la fameuse exclamation de Jean Gabin dans l'inoubliable Traversée de Paris, qu'il éclaire (et assombrit) avec Bourvil, tout aussi génial, est devenue virale sur la Toile.

On pourrait y ajouter « crétins de pauvres ! »

Ceux-ci, en effet, semblent avoir un mal infini à comprendre la tendance mondiale qui tend à donner plus aux riches, non pour le bien des riches qui s'en foutent, mais pour celui des pauvres. Des pauvres, rien de ce genre ne nous surprendra car - c'est bien connu, s'ils étaient intelligents ils seraient déjà sortis de leur feignasserie loqueteuse et navigueraient à bord de leur premier yacht. Mais non ! Encrassés dans l'ignorance ils s'obstinent à croire que ce qui est donné en plus aux riches leur profitera alors que c'est tout le contraire : c'est pour le bien des pauvres que  sont prises ces mesures, de Trump à Macron.

Ayant ouvert sur le cinéma, concluons de même, avec la protestation indignée d'un personnage de Nous nous sommes tant aimés d'Ettore Scola : « Vous ne  vous rendez pas compte que notre vie à nous, les riches, est beaucoup plus difficile car nous sommes peu nombreux, et donc très seuls, alors que vous, les pauvres, vous êtes un paquet et vous pouvez vous serrer les coudes! »

 

 PS : en bonus l'extrait de  La Traversée de Paris :

https://www.youtube.com/watch?v=g49oPb6kuDg

 


EXCUSES de tartuffes

 

Un homme n'ayant ni bras ni jambe se voit demander sa carte d'invalidité par un contrôleur de la SNCF ; des voyageurs témoins s'indignent : Philippe Croizon poste un tweet plus amusé qu'indigné et les réseaux sociaux s'enflamment. La SNCF présente ses excuses et l'on suppose que l'histoire s'arrête là. Quelque chose dans ces excuses mérite toutefois qu'on s'y attarde. La SNCF explique en effet qu'il était dans le rôle du contrôleur de vérifier si l'accompagnatrice de M. Croizon (sa maman) bénéficiait de la gratuité (invalidité à 100%) ou  seulement des 50% de réduction attribués aux accompagnants des invalides à 80%.

Il y a ici, pour commencer, un manque de bon sens affligeant de la part du contrôleur : qu'on me demande ma carte à moi, qui ai deux bras et deux jambes, même si je me déplace difficilement, c'est tout à fait normal - mais à un polyhandicapé en fauteuil roulant privé de ses quatre membres, faut-il être docteur en médecine pour conclure qu'il est invalide à 100% ? Révélateur aussi - surprise ! -  la SNCF craint plus ses syndicats que les associations de handicapés : critiquer ou sanctionner un contrôleur pour imbécillité aggravée, c'est prendre le risque de troubles sociaux : au lieu de considérer avec l'humour de M. Croizon que, sans doute, ce « monsieur  a  eu une mauvaise journée, peut-être il est fatigué »  le débat sera porté sur les cadences infernales, les horaires impossibles, la nature et les conditions de la mission des contrôleurs - et leurs primes.

J'ajoute qu'il y a plus d'une contradiction dans la politique de la SNCF vis-à-vis des handicapés : gratuité pour les 100% et leurs accompagnants, pas de réduction pour les 80% et 50% pour leurs accompagnants ; assistance efficace et gratuite en gare (mieux qu'en Allemagne où ce soin est laissé à des associations caritatives). En cas de grève et d'annulation de trains (j'ai pu le constater lors des grèves de 2016), nulle priorité pour les titulaires de la carte d'invalidité : les premières  places disponibles sur le premier train seront pour les plus rapides.

Les vraies excuses de la SNCF à M. Croizon (avec qui, dit-il, « en général ça se passe super bien ») ne seraient pas une sanction contre le malheureux qui suivait sans discernement  la procédure, mais une véritable réflexion sur sa politique d'ensemble vis à vis des handicapés : il risque de les attendre longtemps, car on n'est pas prêt de nous voir bloquer les voies et les gares : handicapés en fauteuils roulants, hémiplégiques mes frères et soeurs, tétraplégiques mes cousins/cousines?


HAPPY BIRTHDAY TO ME !

J'ai publié mon premier roman il y a quarante ans. Je venais d'avoir 21 ans.
J'en avais écrit les premières phrases assis au bureau de mon père du rez-de-chaussée de la maison de famille d'Arles, rue Diderot, à deux pas des arènes.
Cela commençait ainsi : « L'université de Nanterre se vide vers le soir. »
Suivaient un peu moins de deux cents pages écrites en un mois dans une exaltation où l'ivresse amoureuse se mêlait à la pure fièvre des mots.
Le livre reçut quelques critiques chaleureuses, des recensions aimables au milieu desquelles se glissèrent quelques lignes méprisantes dans mon quotidien favori qui me blessèrent plus que ne m'avaient flatté l'attention de quelques-unes des figures historiques du comité de lecture de la maison Gallimard, où j'avais été porté sur les fonts baptismaux par l'écrivain Roger Grenier, qui avait bien voulu me lire au nom de l'amitié de jeunesse le liant à mon père - ils avaient travaillé ensemble, non à la NRF mais à France Dimanche où mon père était chargé de reportages au titre engageant type « Epidémie de suicides chez les chats » et « rewritait » les articles de journalistes au nom déjà établi. Roger avait et a conservé un visage rond, mélancolique où brillaient des yeux doux qui, selon mon père, faisaient merveille quand, après un fait divers particulièrement atroce dans le fond des campagnes françaises, ce timide  venait chercher des photos  au fond des tiroirs de familles taiseuses.

Mon copain de rentrée littéraire s'appelait Didier Martin, il était au civil chauffeur de grandes remises - je ne saurais parler de son livre que je lus alors et dont ma mémoire ne conserve pas de traces, titre compris.
J'eus les honneurs d'un voyage de presse collectif de la maison de la rue Sébastien Bottin dont la vedette était Romain Gary : il s'ennuyait avec nous et ne le cachait pas. Dans l'ascenseur de l'hôtel de Lyon où nous étions tous logés, l'écrivain Yves Navarre me tâta hardiment les fesses et je n'eus pas à déployer une force physique considérable pour repousser un assaut timide et sans conviction.

Marie en quelques mots connut des ventes modestes mais raisonnables pour un premier roman et le paiement de mes premiers droits d'auteur finança le billet d'avion vers Beyrouth, où je rejoignis mon amoureuse muse qui m'inspira un deuxième roman hâtif et emporté d'éducation sentimentale.

Longtemps je n'ai pu rouvrir ce premier livre sans un sentiment de honte : ses imperfections me sautaient aux yeux et le « haïssable moi » que j'y voyais exposé avec un art effusif, naïf et  brouillon me gênait affreusement. De ce rejet, seule était épargnée la belle citation en exergue de Benjamin Constant : « Il y a dans la simple habitude d'employer le langage de l'amour, et de se donner ou de faire naître en d'autres des émotions passagères, un danger qui n'a pas été suffisamment apprécié jusqu'ici. »

Ce premier livre est là, rangé avec les autres sur l'étagère des oeuvres familiales : je m'y reconnais aujourd'hui avec une tendresse plus ou moins réconciliée - et pas seulement parce que Marie est le prénom de mon aimée fille ainée.

Happy birthday to me, jeune écrivain dont le coeur vibre, innocent plein de foi qui fut et vit encore en moi.

 


Officiel : Stéphane monte au ciel

 

 

J'ai partagé ici et avec quelques proches l'émotion ressentie à la mort de mon vieux pote d'école. L'un de ces amis, qui m'envoie chaque jour une photo d'un ciel du coin des Cévennes, où il vit avec sa femme, m'a adressé celle-ci, qu'il a dédiée à Stéphane. 

Je la partage, en y adjoignant le poème que cette vue quotidienne m'avait inspiré il y a quelques mois.

 

CHAQUE MATIN MON AMI M'ENVOIE UN CIEL

 

Chaque matin mon ami m'envoie un ciel

Ciel bleu nuit ou ciel d'orage

Ciel de pluie ou ciel de feu

Ciel bouché ou grand ouvert

Ciel gris ou bien tout en couleurs

C'est le ciel qui s'ouvre à sa fenêtre

Celui qui couvrira son humeur ses labeurs

Pour un jour joyeux ou triste.

Sa loi morale je ne la connais pas

Plus qu'il ne connaît la mienne.

Kant, sévèrement, nous dirait qu'elle est une

Mais les ciels divers qui lui passent au-dessus de la tête

Il les partage avec moi comme on ouvre son coeur.

Chaque matin mon ami m'envoie un ciel.

Et quand ont passé les heures

Et que son ciel n'est pas arrivé sur mon écran

Je ne suis pas inquiet, j'attends.

Le ciel  de mon ami viendra en son temps

Chaque matin mon ami m'envoie un ciel.

 

 

 

 


MORT DE QUELQU'UN

 

Il n'a pas de page Wikipédia mais c'est un sacré quelqu'un qui vient de passer l'arme à gauche : né il y a 61 ans comme une blague en retard, un lendemain de 1er avril, il a tiré sa révérence en plein coeur d'été à Paris - quand les potes sont absents - cassé par un vilain crabe qui lui rodait autour depuis un bout de temps.

Tous les matins de l'année scolaire 1966-67 et la suivante nous nous retrouvions dans l'autobus 43 qui nous déposait près du lycée Pasteur. L'âge des mobylettes ne nous sépara pas. Dans notre bande d'adolescents, bourgeois rebelles fils de parents qui ne l'étaient pas (bourgeois ou rebelles) il était le plus fin, le plus brillant, le plus drôle, le plus à l'aise dans toutes les situations. Pratiquant sans réserve le « no sport » churchillien, ennemi radical de l'esprit de sérieux, il vivait tout comme un jeu auquel il  invitait camarades et passants à participer. La vie qui a suivi n'a sûrement pas été celle qu'il avait voulu, d'un point de vue personnel ou professionnel, mais elle n'a pas pour autant été un « bien perdu ». Son engagement au sein d'un groupement d'associations d'aide aux jeunes adolescents des rues à Paris et en proche banlieue, (GRAJAR) a été intense et constant sur de nombreuses années. Sacré quelqu'un que notre ami parti : Stéphane Kouzmine Karavaieff (1956-2017).

Ci-après en guise d'envoi un poème tiré de mon impuissance à distance et de ma peine.

 

 

HIER MATIN

                                                            Pour Stéphane

 

Hier matin nous avions quatorze ans

Et là, mon  vieux, te voilà tout mourant

De tout nous avions appétit

Du monde une féroce, une insatiable envie

Tu ne souffres pas, on me dit,

 

A l'heure où tranquille te quitte la vie.

Des faims, des soifs te voici bien guéri

Des frustrations aussi de tout ce qui n'advint pas

 

Mon tour bien assez tôt viendra

Mais là, d'un jour à l'autre, c'est toi qui t'en vas.

Ne pouvant pas - pauvre con, salaud, tu es loin! - te serrer dans mes bras

Je pleure et je ris à la pensée de toi.

Hier matin nous avions quatorze ans


TRUMP EST UNE VICTIME

En vitupérant contre lui ou en s'en moquant, on alimente la Trump-machine mondiale aussi bien qu'en flattant son courage ou son génie : Quoique ayant soumis mes quelques 1200 suiveurs  - comme  on dit dans le Tour de France - à ce douteux exercice il y a quelques jours à peine, je remets ça après le crime de Charlottesville - 1 morte, 19 blessés, dont certains dans un état grave. Qu'a déclaré M. Trump pour apaiser la douleur des victimes ?  Il a dénoncé la violence « de tous bords »  - comme si les manifestants protestant contre un rassemblement d'inspiration raciste et antisémite (voir les panneaux « nous ne laisserons pas notre place aux juifs !») et le groupe des suprémacistes blancs étaient des sortes d'«ennemis complémentaires». Intellectuellement cela rappelle les propos de Céline martelant que dans « l'histoire » entre nazis et Juifs, les Juifs avaient aussi des torts.
Inutile de transmette cette référence à M. Trump qui ne lit jamais un livre (même George W Bush, de peu illustre mémoire, avait été surpris à lire l'Etranger) et ne risque donc  pas de se lancer dans les oeuvres complètes de notre grand Maudit - lui, dont les capacités d'attention sont, dit-on, si limitées que ses conseillers doivent inclure pour le réveiller le mot Trump dans toute note dépassant quelques lignes. Malgré tout gêné (ou alerté par ceux de ses conseillers qu'il n'a pas encore virés), M. Trump s'est néanmoins fendu d'une petite déclaration filmée condamnant enfin le racisme, le Ku Klux Klan, les néo-nazis et les suprémacistes blancs - propos d'une audace folle délivrés sur un ton monocorde indiquant la conviction et l'émotion. Chassez le naturel, il revient au galop : dès le lendemain l'ami du peuple est revenu à sa rhétorique d'origine : Il y a à blâmer des deux côtés. Face à ces « violences » égales (0 victime d'un côté,  20 de l'autre) il représente l'unité du pays.

C'est que, voyez-vous, M. Trump n'a pas besoin de compassion pour les victimes : il est lui-même une victime. Victime des médias, des Démocrates tordus, des Républicains qui ne se sont ralliés à lui que par opportunisme et sabotent vicieusement tous ses projets - victime de tout le gang de ceux qui ne lui pardonnent pas sa victoire. Est-il aussi victime de son père, fondateur de la fortune familiale et arrêté autrefois lors d'une manifestation violente du dit Ku Klux Klan? Sans doute mais sur ce sujet, motus du potus. Il est vrai que les fils ne devraient pas avoir la charge des crimes des pères - sauf, à la rigueur, quand ils les répètent.

 


LE FEU ET LA FUREUR

M. Trump fait comme son nom l'indique : il trompe énormément.

Ayant trompé son électorat, il continue à trompéter à tous vents. Ainsi promet-il à la Corée du Nord un déluge tel que le monde n'en a jamais connu depuis la Bible - et encore? à l'en croire sur le kim bim ça va tomber fort, ce sera Saddam et Gomorrhe,  pour le moins.

Donald est-il sérieux ou bien n'est-il, au fond qu'un petit Mickey ? Il peut  mériter la réplique légendaire (de Clint Eastwood, je crois) dans Le Bon, la Brute et le Truand : « Si tu dois tirer, ne parle pas, tire ! » ou être pris au sérieux, comme Hitler en son temps - un homme  pour qui les mots  menaçants n'étaient pas des bruits que l'on fait avec sa bouche.

Aucune inquiétude à se faire, vraiment : en attendant la fin du monde, le business va se poursuivre - Trump va tweeter,  les zélateurs zéler, le New York Times s'alarmer, les media du monde titrer. Et les Nord-Coréens, unis avec leurs cousins du sud, vont trembler de tout ce feu et cette fureur, n'ayant, pour oublier leur peur, qu'à s'extasier devant le triomphe du Dieu commerce en sa nonpareille ardeur.


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