Antoine Audouard

Blog de Antoine Audouard


AU COUDE A COUDE

Depuis Saint-Benoît, nous savons que les escaliers d'humilité se descendent, que son plus haut degré est tout en bas. Les écrivains l'ignorent souvent et c'est dommage. Non seulement on se passerait de quelques exercices d'arrogance et d'exhibitionnisme, mais on se rappellerait que l'humilité, voire l'humiliation, sont nos instruments de travail.


FRANÇAIS COMME LANGUE ETRANGERE

L'un des écrivains de langue française les plus admirables nés au cours des vingt dernières années est un ancien journaliste sportif, spécialiste notamment du cyclisme (ce qui le relie à mon parrain Antoine Blondin, mais c'est une autre histoire), qui parsème ses récits de métaphores empruntées au monde des sports.


LE VIOL DE FIOKLA

Fiokla est un personnage secondaire de la nouvelle de Tchékhov « Les Moujiks » qui déplut au censeur car elle dépeignait la vie des paysans russes d'une façon trop sombre. Elle raconte le destin de Nicolaï, qui a réussi à se placer comme valet de chambre à Moscou mais doit revenir dans sa famille, avec sa femme et sa fille, car la maladie l'empêche de poursuivre son service.


UNE ODEUR DE FOIN (2)

Je me suis demandé si, à plus d'un demi-siècle de distance, en composant son grand roman "Métamorphoses d'un mariage", le Hongrois Sandor Marai s'était souvenu de la notation de Tchekhov sur l'odeur du foin. Car c'est cette même odeur qui, dans un contexte bien différent, accompagne le personnage-pivot de toute son histoire, Péter.


ECRIRE EN COLERE

J'ai longtemps confondu l'inspiration avec l'émotion immédiate. Puis je suis tombé à point nommé sur la recommandation de Tchekhov: "Il faut écrire avec un coeur froid comme la glace". Le plus souvent, une agitation intérieure produira des boursouflures sentimentales, et la confusion des sentiments accouchera de la confusion des expressions.


D'UN PAYSAGE L'AUTRE

"Prends donc quelque chose dans la vie courante, sans intrigue et sans fin" - tel était l'un des conseils du docteur Tchékhov. Ainsi sa nouvelle "la Maison à Mezzanine", nous présente-t-elle un héros oisif et discoureur, peintre qui ne peint pas, amoureux vague d'une jeune fille sans doute laide, et qui disparaît sans qu'un début d'intrigue ait eu lieu.


A DAY IN THE LIFE

Les conversations surprises dans la rue, les graffitis, un slogan publicitaire, deux lignes d'un poème, une insulte bien sentie, les deux notes d'un cri d'oiseau, une marelle sur un trottoir, une histoire drôle, c'est un détail qui peut venir éclairer une histoire, lui donner sa tonalité particulière et l'accompagner dans notre mémoire.
 


LE DETAIL DECISIF

Un détail peut être décisif de bien des façons différentes - c'est l'élément d'une description physique qui définit un personnage, une particularité de langage dans un dialogue, une couleur, une odeur. Les plus efficaces ne sont nécessairement les plus évidents.


CONNAISSANCE PAR LES REVES

Je commence souvent à écrire au milieu de la nuit, réveillé par une phrase qui me danse dans la tête, tambourinant si fort dans mon crâne qu'elle finit par me réveiller. Dans mon état comateux, je n'essaie pas de savoir ce qu'elle veut dire réellement.


ELOGE DE LA DESCRIPTION

La description a mauvaise réputation en littérature. Ma fille Hélène prétendait que la description de la pension Vauquer qui ouvre « le Père Goriot » relève de la cruauté mentale. L'on tremble à ce qu'elle dira face aux paysages et autres décors marins chez Proust. Que faire ?


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