Antoine Audouard

Blog de Antoine Audouard


LE MONDE EST BEAU !

Virus mortels, ouragans, incendies, explosions meurtrières, coulées de boue, inondations - si l'on s'en tient aux apparences, il ne nous manque plus que les tornades de sauterelles, la réélection de Trump et le triomphe de Marine - sans parler d'une victoire du Paris St Germain en Ligue des Champions de football[1]- pour que les malheurs de notre pauvre monde aient pris la proportion de catastrophe biblique annoncée par certains (Enid, je te vois !) en punition de nos trop nombreux péchés.

En attendant, nous prenons des vacances, plus ou moins masqués, nous réjouissant de l'absence de pluie - baignant dans ce bleu éternel dont après les grisâtres pluies hollandiennes, nous jouissons sous la gouvernance éclairée et joyeuse du jeune Macron.

Non, ce n'est pas par inconsciente imbécillité, ni par manque de foi, que nous restons optimistes en dépit des visions tragiques des prophètes de la fin du monde : pleins d'espoir, les plus « seniors » d'entre nous peuvent partager avec les plus jeunes membres de notre « start-up nation » les paroles de la chanson de Jean Yanne, philosophe sous-estimé des temps anciens : « Dans la douceur de la nuit, le ciel m'offre son abri et je pense à Jésus-Christ, celui qu'a dit : Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ! »
A quoi on ne saurait rien ajouter que (restons seventies) le célèbre « c'est ben vrai, ça ! » de la mère Denis, pythie des temps modernes dont la sagesse s'étend bien au-delà des recommandations de machines à laver le linge.

P.S. Né onze ans jour pour jour après la largage de la première bombe atomique sur Hiroshima, et constatant la prolifération incontrôlée des « Jérémie », « Isaïe » et autres prophètes de malheur, je ne saurais relayer que de bonnes, d'excellentes nouvelles.

PPS. Références : de Jean Yanne, acteur spécialisé dans les rôles de salauds où il est toujours d'une inquiétante crédibilité, on ne saurait trop recommander les réalisations : «  Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » (1972) et  le prophétique « Les Chinois à Paris » (1974)



[1]  Note de l'association des supporters de l'O.M.  (antenne crétoise):  Le reste si tu veux mais non, pas ça !


TOUS GAULLISTES ?

En ce quatre-vingtième anniversaire de l’appel du 18 juin 1940, voici tous nos politiciens  - ou presque – devenus gaullistes – sauf l’extrême gauche j’espère. De Mme Le Pen, qui oublie  que son mouvement, même ripoliné, est issu des relents du régime de Vichy   et  de l’OAS, farouchement opposée au général, au président Macron, pensant que l’air de Londres grandira sa stature, ils sont tous fous du « grand Charles ». À l’auberge de Gaulle, chacun fait ses courses : provisions  de résistance,  d’indépendance nationale, d’anti-américanisme, d’anti-fédéralisme européen. Depuis que le « gaullisme » est allé recruter des adeptes bien au-delà des combattants de la France libre, voire d’une famille politique assez disparate où l’on rencontre tout du socialmou tristounet au guévariste non repenti, la tendance paraît irrésistible. Avoir été « tous Charlie », nous voici tous « Charlot ». Dans les deux cas, je  me sens plus  Chaplin qu’autre chose – voire carrément Marx (tendance  Harpo)  ou Stooges (tendance Curly)

Au risque de détonner légèrement dans ce rare et émouvant concert d’unité nationale il faut rappeler que le parcours de ce grand personnage de notre histoire  ancienne ( le XXe siècle, d’ici peu cela fera très longtemps[1]), pour admirable qu’il soit dans les années 1940, est  par la suite chargé d’ambiguïtés et de contradictions - autant de zones d’ombre portées sur « l’homme de Londres ».  Notre « libérateur », ancien collaborateur de Pétain, fut aussi celui qui  après le massacre de Sétif en Algérie, ordonna contre les nationalistes de « prendre toutes les mesures nécessaires pour réprimer tous agissements antifrançais d'une minorité d'agitateurs." –  signes du degré de conscience qu’il avait des aspirations à l’indépendance de peuples colonisés d’un empire écroulé. On ne tarderait à en payer le prix en Indochine, l’ancienne « perle » de la colonisation française :  ignorant les rapports informés et les sages conseils de ses propres amis, aveuglé par « une certaine de la France » De Gaulle ferma  délibérément les yeux sur la réalité de la situation, détruisant les prémices de ce qui aurait pu devenir un Commonwealth à la française : lavant les Hollandais en Indonésie  et les Anglais en Inde, le général Leclerc avait sagement signé les premiers accords de paix d’une puissance coloniale avec un de ses territoires: ceux-ci furent torpillés par un amiral d’Argenlieu (« le Carme naval » était son surnom)  envoyé par  De Gaulle  qui craignait le prestige de Leclerc – le seul général français invaincu de la Deuxième Guerre mondiale. Ce sont bien des militaires qui finirent par se soulever contre De Gaulle selon la loi qu’à force de dire (ou de penser) des choses horribles, elles finissent toujours par arriver - pas Leclerc,  qui  outre une loyauté personnelle vis-à-vis du général, était habité d’un respect pour la légitimité républicaine, doublé du sens militaire de l’obéissance aux ordres ; l’infortuné mena contre son propre gré les commencements d’une guerre qu’il savait meurtrière et ingagnable avant, ayant survécu à tous les combats, d’aller mourir pour la France dans un  mystérieux accident d’avion lors d’une tournée d’inspection.

Pour en finir avec De Gaulle, c’est bien notre « héros » qui alla en Algérie faire, deux années de suite, la « tournée des popotes » et promettre qu’il ne lâcherait jamais l’Algérie française avant d’infliger à ses partisans un logique mais brutal aggiornamento qui en laissa beaucoup aussi déboussolés que leurs pères l’avaient été par la résignation, puis l’abjecte plongée d’un vieillard égrotant qui consacrait son énergie finissante, non à « limiter les dégâts » de l’invasion et de l’occupation nazies, comme certains le prétendirent par la suite, mais à assouvir ses appétits sexuels : Pétain avait été et restait pour une génération le « héros de Verdun ». Ce qui entache l’image de De Gaulle ne se compare pas à ce que fut le naufrage politico-moral de Pétain, mais force est de constater que « l’homme du 18 juin » n’a pas toujours été au fil de sa longue carrière ce modèle de « vertu » romaine gallicisée que ses thuriféraires de tous bords nous peignent Gaulliste,  donc , moi? Non -, ni antigaulliste, d’ailleurs, comme l’était mon père avec la férocité particulière aux doux et tendres quand ils s’y mettent, décuplée par la férocité opposée de mon grand-père maternel, résistant de la première heure et gaulliste jusqu’au-boutiste dont la fidélité de grognard avait survécu à toutes les « révisions déchirantes » d’une vie rythmée par  les  terrifiantes et changeantes  formes françaises de la passion politique. S’il est toujours trop tôt, selon le mot célèbre de Zhou-En- Lai, pour mesurer pleinement les conséquences de la Révolution française, nous devrions être en   mesure de commencer à observer nos « grands hommes » sans avoir à les idolâtrer ou les dézinguer, dans leur complexité humaine et la lumière de la complexité non moins grande des situations historiques qui furent les leurs. Nous n’avons pas à épouser les partis pris violents de nos aïeux, à nous installer dans des cultes mémoriels de région ou de classe qui se reproduisent de génération en génération et entretiennent ce que mon (toujours plus) regretté Tzvetan Todorov appelait « les abus de la mémoire » et nous pouvons tenter de connaître notre propre histoire, non pour en cultiver de douloureuses nostalgies ou des haines recuites, et pas non plus pour nous en dégager et nous réfugier dans une impossible neutralité - retrait d’indifférence ou de mépris qui porte d’ailleurs ses propres dangers. Nos opinions, nos convictions, nos jugements pour aujourd’hui et demain, sans se trouver ligotés, peuvent être éclairés par ces regards sur le passé – une idée gaullienne d’ailleurs puisque celui-ci s’était efforcé de présenter à la Nation la « nouvelle constitution » (celle de 1958, sous laquelle nous vivons encore) dans la continuité de la monarchie et les constitutions de quatre républiques.

PS. c’est pas tout ça, les filles, je prends du retard dans les Mémoires d’ outre-tombe : quatre mois de lecture et je commence à peine le livre XVII. L’âge, que voulez-vous…

Références : Hitler connais pas, documentaire de Bertrand  Blier (1963) disponible sur Youtube et Googleplay film pour une somme modique.

Pour les biographies de De Gaulle ou les essais à lui consacrés, consultez votre libraire ou votre meilleur pote gaulliste, je ne suis pas qualifié. De Peyrefitte à Lacouture en passant par Max Gallo et Régis Debray, il y aura bientôt à son sujet autant de littérature que sur un autre de nos discutables et fascinants grands hommes : Napoléon Bonaparte.

On peut toujours se référer à la version de l’histoire donnée par l’intéressé dans ses Mémoires de Guerre et ses Mémoires d’Espoir.  (les deux en un volume chez Plon). Pas de prétention à l’objectivité mais c’est passionnant et superbement écrit – un point qui peut mettre d’accord les « pro », les « anti » et les « sans-op ».

Promotion familiale gratuite : Révolutionnaires sans Révolution (Robert Laffont, 1972) et Révisions déchirantes (le Pré aux Clercs, 1987), d’André Thirion – à ma connaissance le premier nommé, indispensable pour qui s’intéresse au mouvement surréaliste, est toujours disponible dans sa réédition de la collection Babel d’Actes Sud (1999), pour le second, plus politique, comme l’intéressant « sequel » de Révolutionnaires, Eloge de l’indocilité (Laffont, 1973), ça doit se trouver d’occasion. Depuis que j’ai dû recourir à la menace physique pour récupérer mon exemplaire dédicacé de  Révolutionnaires (« Il est dans l’ordre des choses qu’une ou deux générations d’êtres humains soient en position de croire qu’ils remplissent, enfin, le tonneau des Danaïdes. Je souhaite, Antoine, que tu sois de ceux-là et que cette dédicace te porte, néanmoins, à ne jamais négliger les Danaïdes pour le tonneau »), je ne prête plus  mes Thirion.



[1] Né une dizaine d’années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, je m’en sentais très éloigné dans le temps mais à défaut de souvenirs personnels j’avais ceux de ma famille et n’étais pas de ces Hitler connais pas du documetaire réalisé par  le jeune Bertrand Blier, futur réalisateur des Valseuses et autres  Trop belle pour toi.


DANS LA VIE OU OUTRE-TOMBE ?

C’est à Rome, étranglé par le chagrin de la mort d'une amie (just a lady friend, petits cochons, no sex !) que Chateaubriand conçoit pour la première fois le projet de ce qui deviendra les Mémoires d’outre-tombe. Cela s’appelle « Mémoires d’une vie » ( il a trente-cinq ans). Voici ce que ça donnait :

« Après avoir erré sur la terre, passé les plus belles années de ma jeunesse loin de mon pays, et souffert à peu près tout ce qu'un homme peut souffrir, la faim même, je parvins à Paris en 1800 ».

Pas mal envoyé, faut dire. Écrivant à quarante ans de là, il note une partie de ce qui eût été perdu –  non pour nous[1], mais pour son plaisir d’écrire. Ni sa famille, ni son enfance et sa jeunesse, ni ses voyages ou son exil ne font alors partie du projet - pas plus les magnifiques reportages (sur la cour à Versailles, le Paris révolutionnaire) ou les portraits de célébrités ou d’anonymes qui font pour nous le prix de cette œuvre unique.

Toute question stylistique à part, il me semble qu’écrire d’outre-tombe plutôt qu’encore attelé à sa vie le libère. Le Chateaubriand public, apologue du christianisme, ne pourrait décrire la mort de Pauline de Beaumont sans en faire une scène édifiante. Ici, les intentions générales demeurent, mais à travers sa peine s’expriment des sentiments d’une violence que le style, toujours tenu, ne rabote en   rien : les larmes sont encore accrochées à chaque mot. « nous tous qui prétendons vivre, nous sommes déjà morts.» Ne faut-il pas avoir  beaucoup perdu d’êtres aimés pour écrire ces lignes ? Né triste et « ennuyé » de nature, Chateaubriand semble parfois n’avoir « traîné sa vie et ses songes que pour creuser le sillon d’un profond chagrin d’être. À bientôt deux siècles de distance, l’outre-tombe  donne à la relation d’une vie aventureuse en tous domaines la richesse, la complexité tonales d’infinies vibrations qui nous touchent  plus  profondément que ne l’eussent fait les « Mémoires d’une vie », même superbement écrites.

 

[1] Quoique… malgré les pages où il proclame so peu d’intérêt pour la postérité, il semble souvent engagé dans un dialogue imaginaire avec des humain du futur.


PREMIERES IMPRESSIONS DU MONDE D APRES

Au journaliste d’Europe1 (j’attendais Canteloup) qui lui demandait à quoi ressemblerait l’entreprise du « monde d’après» , le « patron des patrons » a répondu avec une douceur, dont il ne fait sans doute que plus rarement montre au cours de ses négociations avec la CGT, que le monde d’après, selon lui, ressemblerait au « monde d’avant » - on n’est pas disposé à prendre pour Socrate le représentant des intérêts du « grand capital » (années 1960 et 70 , accent Georges Marchais), du « mur d’argent » (années 1930) ou des « riches du CAC 40 » ( Mélenchon), mais force est de constater que M. Geoffroy « De Médeux », pointait ainsi de façon subtile le   ridicule de cette novlangue qui, comme après chaque désastre, nous invente un mot ou une expression pour faire croire au peuple que plus rien ne sera comme avant.

J’observe mon petit coin de monde d’après de derrière mes lunettes et je suis bien obligé de constater que M. Geoffroy (où vont-ils les chercher avec des prénoms pareils ? pas dans le Petit Nicolas !) n’a pas tort : ma rue ressemble à ma rue, les cons aux cons, même derrière un masque – sans compter ces « nouveaux rebelles » qui en ont un mais le portent sur le front ou sur le cou – les cyclistes et trotinneux roulent sur le trottoir, les smombies font vivre leur épopée aux potes et potesses sur Facetime, tandis que les « seniors » et les invalides (je suis un cumulard), ayant contourné  par la chaussée une palissade de travaux, essaient de les éviter. A part ça je suis toujours amoureux de mes quatre boulangères mais ne le dites pas à Nourdine qui est un patron exigeant et un chef de famille ombrageux ; Claire ne travaille plus chez le fleuriste « Au pélican », mais Fanny est fidèle au poste et au Bistrot du Canal, où, aidé de Nabil Kamel elle a courageusement tenu la barre, les pochtrons reviennent un par un – sauf Christopher dont on est sans nouvelles. Quant à Giacomo, il ne peut rouvrir son petit restaurant (pas les lasagnes !) pour deux tables de deux sur le trottoir, ni  profiter de l’extension d’occupation du domaine public en envahissant la rue du château Landon. A la poissonnerie « le paradis des mers » Eric a été remplacé par Sofiane et Jeremy est toujours aux côtés de Jihed – quant à Fakri, ses horaires d’ouvertures sont aussi aléatoires, mais on peut compter sur les trésors de son bazar/ droguerie. Au pire, quitte à l’agacer, il y a deux trois bazars tenus par des Pakistanais dans le coin.

Pour le reste, que j’attende Canteloup le matin sur Europe 1 ou le soir sur TF1, je note que dans la réclame, la tendance à vouloir m’aider - voire à sauver le monde – est toujours aussi marquée. C’est beau, le monde d’après : chacun veut le bien de tous et œuvre à sa mesure pour le bien commun.

Promotion gratuite. « Au Pélican fleuriste », 209 rue du faubourg st Martin. Claire a été remplacée par Cassandra.

Boulangerie « Les Gamins du faubourg », 210 rue du faubourg st Martin.

Poissonnerie « Au paradis des mers », 209 rue du faubourg st Martin.

« Le Bistrot du canal », 224 rue du faubourg st Martin.

« La caverne de Fakri Baba », 215 rue du faubourg st Martin.

Chez Giacomo, 8 rue du Château Landon.

Le Petit Nicolas est toujours disponible à la librairie Litote, rue Alexandre Parodi, ainsi que l’inoubliable best-seller de Géraldine Collet, Et toi où tu fais caca?


LE TANGO des Mistes

Optimistes et pessimistes dansent depuis toujours un tango.

J'ai des amis chers dans les deux catégories. Essayons de deviner comment ils réagissent face au début de la fin du confinement - ou à la fin du début du déconfnement. Où finit le début et où commence la fin ? Vaste débat qui fera (ou pas) l'objet d'un prochain post

Les optimistes radicaux pensent que ce n'est pas un petit machin de virus qui va interrompre la grande transformation de l'homme annoncée par le scientifique/religieux Teilhard de Chardin, matière et esprit enfin réconciliés finiront bien par accoucher du véritable être humain attendu depuis des millénaires, les pieds dans la terre et la tête dans les étoiles. On en aura enfin fini de la terrible dualité corps-esprit : incarnés en nous-mêmes, reliés au plus profond de notre histoire et attirés au plus lointain de nos rêves, nous pourrons libérer la puissance atomique créatrice de l'énergie spirituelle qui vit en nous depuis le premier jour et l'éparpillement initial de la matière qui nous constitue.

Les optimistes à vue courte n'ont pas ces perspectives cosmiques : ils pensent que tout va s'arranger - et recommencer comme avant.

Les optimistes religieux pensent que le Seigneur/Allah/ Elohim/Vishnou (ici, cocher la case adéquate) nous sauvera si nous décidons de suivre désormais le droit chemin, et punira les mécréants/infidèles/Arabes/Juifs (cocher la ou les cases adéquates).

Les optimistes béats pensent que le progrès médical permettra de surmonter cette crise et de prévenir les suivantes.

Les optimistes progressistes pensent que le monde aura appris de l'épreuve - les systèmes de santé seront améliorés, les monstres financiers priés de se bouffer nos pseudo-dettes.

Les optimistes écolo-humanistes pensent que chaque individu émergera de cette crise avec une réflexion plus profonde sur l'impact de nos comportements individuels sur la planète.

Les optimistes européens pensent que l'Europe saura resserrer les rangs et se montrer solidaire.

Les pessimistes radicaux pensent qu'entre virus en folie, flicage numérique, et dérèglement climatique on va vivre l'enfer : après le COVID 19, le COVID 20, tout ça sur fond de réchauffement climatique. En comparaison, les univers post-apocalyptiques type Blade Runner, Independence day, ou Mad Max sembleront un éden.

Les pessimistes religieux pensent que tous nos malheurs sont la punition du Seigneur/Allah/Elohim/Vishnou (ici, cocher la case adéquate) qui punit l'humanité pour ses fautes.

Les pessimistes écolo-humanistes se lamenteront qu'une fois de plus l'homme ait manqué l'occasion de comprendre, qu'encore et toujours, il étale ses instincts destructeurs.

Les pessimistes  complotistes pensent que tout ça, c'est la faute des Chinois/ des Juifs/ des Arabes/ des Américains/ des  Russes/des Slovènes/des Belges (cocher la case adéquate).

Les pessimistes souverainistes réclameront la fermeture des frontières.

Les pessimistes progressistes pensent que les « dark forces »  de l'ultra-libéralisme vont se saisir du prétexte du virus pour approfondir leur entreprise d'asservissement du peuple.

Pour finir, une histoire drôle (en tout cas elle me fait rire, moi) :
L'optimiste et le pessimiste sont tout au fond du fossé, les pieds dans un immonde mélange de merde et de boue, les chevilles enchaînées. A supposer que par un miracle de volonté et d'ingéniosité ils réussissent à s'arracher à la fange dans laquelle ils baignent, c'est le déluge de feu au-dessus de leurs têtes qui les attend. Ils poussent en choeur un soupir à fendre l'âme.

Le pessimiste : « Ça pourrait pas être pire. »
L'optimiste : « Si. »

P.S. je connais des complotistes et j'en croise mais j'ai pas d'amis complotistes - que je sache.

PPS. Mémoires d'outre-tombe : j'en suis au livre XV.
Pessimiste : seulement ? tu ne finiras jamais ! Optimiste : quelle merveille, encore vingt livres à baigner dans cette écriture sublime !


LE COMMENCEMENT DE LA FIN

Si M. Philippe, Premier ministre zélé, obéit à son boss en précisant les conditions du déconfinement, il commence par nous rappeler qu'il ne s'agît que du début de la fin - réalité dont, étant nés, nous devrions avoir conscience car, comme c'est écrit dans le Tripitaka bouddhiste (pas de Titicaca, idiot !) : « les agrégats sont impermanents : étant nés, il doivent disparaître. Leur cessation est agréable ».

Pendant cette période qui n'est pas terminée - bons citoyens, rappelons-le, les turbulences de tous ordres générées par « un tout petit machin » ont pu nous faire oublier à quel point tout était normal : nos gouvernants éclairés par la sagesse (nous avons un président-philosophe, à la différence de ces  pauvres Américains qui ont élu un escroc bonimenteur de foire), la science et le souci du bonheur du peuple, ont pris dans des circonstances difficiles les bonnes décisions pour nous protéger ; pendant ce temps leurs opposants soulignaient leur impéritie, leur manque de courage et leur incapacité à prendre les véritables décisions d'intérêt national.

Est-il nouveau que faute de masques ( qu'ils aient été détruits, perdus, volés ou pas commandés à temps), l'annonce de l'arrivée imminente, massive, des masques en tienne lieu ? Est-il nouveau que leur absence persistante soit un « scandale d'Etat masquant (c'est le cas de le dire) incompétences en chaîne, bureaucratie inutile, casse sociale corruption? Est-il nouveau que l'ultra-libéralisme à la sauce mondialisée, déjà à l'origine de la pandémie, tente de profiter du malheur du peuple pour l'asservir un peu plus ? Non !

Nouveauté nous avons, plus profonde et que j'ai observée à la télévision, écoutée à la radio et décelée sur mon téléphone potable : dans des temps anciens, en 2019, les entreprises faisaient de la réclame pour nous vendre leurs produits. Maintenant, banques, assurances, supermarchés, marques automobiles, paient pour nous être utiles, nous aider - notamment à devenir meilleurs. Avant et après le journal télévisé, les spots s'enchaînent pour un méga-show humanitaire au milieu duquel l'écran pour les Restos du Coeur apparaît légèrement gnangnan. Loin, très loin, à Séoul,  Osaka et Beijing, à San Francisco et Seattle, et même à Levallois et   Issy les Moulineaux, des êtres bienveillants ont entendu l'appel des églises, des philanthropes et philosophes, et des activistes humanitaires du monde entier, et décidé de dépenser leur agent rudement gagné à vendre des nourritures bourrées d'OGM, des voitures polluantes  et des téléphones qui explosent en vol ou nous grillent les neurones par centaines de millions, afin de contribuer à rien moins que le triomphe du bien sur la terre jusque dans ses recoins.

J'avoue que depuis l'époque où M. Séguéla faisait oeuvre pionnière  prêchant que la pub était la forme moderne de l'information, j'avais conservé un certain scepticisme sur son rôle social. Assez de ces vieilles lunes gauchisantes ! La pub, mon frère, gagnée par la vague mondiale de l'écologie humaniste, veut contribuer au bien individuel et collectif : sauver les femmes et enfants battus, nous garantir de l'équitabilité suprême de tout ce que nous consommons - et en prime lutter contre le réchauffement climatique. Mes  bien chers frères, mes bien chères soeurs, si vous voulez, vous aussi, contribuer à l'avènement de l'universel  et éternel bien, quelques gestes simples : allez chez Leclerc ou Carrefour, dont vous applaudirez la caissière, achetez une voiture électrique, le dernier portable Huapplesung, mangez de la viande française, n'oubliez pas  les gestes-barrière : no bisous, éternuez dans votre coude et lavez-vous les mains. Et surtout pas d'angoisse : nous n'en sommes qu'au début de la  fin - soyez patients,  on n'est pas sortis de l'auberge, surtout qu'elle n'a pas encore rouvert ses portes et moi j'ai encore 1000 pages des Mémoires d'outre-tombe à lire, sans coupures publicitaires.


UN GENIE MELANCOLIQUE

CONTRADICTIONS ET INTUITIONS D'UN GENIE MELANCOLIQUE

C'est sans joie ni complaisance - plutôt comme une forme de maladie chronique avec laquelle il est condamné à vivre - que Châteaubriand diagnostique son propre génie, et à plusieurs reprises au cours des Mémoires , un homme qui n'a pas attendu Cioran pour ressentir  dans ses fibres « l'inconvénient d'être né » juge son don littéraire comme un malheur, une malédiction qu'il lui faudra trimballer au fil d'une existence trop longue. « Alexandre créait des villes partout où il courait ; j'ai laissé des songes partout où j'ai traîné ma vie », écrit-il vers la fin du récit de ses aventures américaines de 1791. Les mots « tristesse » et « ennui » reviennent souvent sous sa plume et à l'en croire, l'écriture n'est pour lui qu'un pis-aller, le refuge d'une vie d'échecs. Ayant vécu la vie de « coureur des bois » avec des trafiquants de peaux et flirté avec de jolies « sauvages » qui lui donneront la matière de  l'oeuvre « américaine » qui lui vaudra le succès,  il a  discuté en tête à tête avec George Washington plus longtemps et avec plus de réelle intimité que Malraux avec Mao cent soixante-quinze ans plus tard : ce n'est tout de même pas rien. S'il a échoué dans l'entreprise poétique, donc impossible, de trouver entre l'est et l'ouest de ce pays-continent un passage qui n'existe d'ailleurs pas, il n'a pas fait que regarder les jambes des filles et blablater avec le héros de la guerre d'indépendance et premier président U.S. Il a perçu en profondeur les possibilités et les contradictions internes de cette république qui - il le note dès son arrivée - offre un refuge à des partisans de la monarchie absolue fuyant une autre république. Il en chante les jeunes héros, en célèbre les institutions naissantes, en quoi il voit une régénération  moderne des valeurs de l'Athènes antique. Dans les bois américains, le chevalier et vicomte de Châteaubriand (plus fier de son nom que de son titre, a-t-il précisé d'emblée) retrouve la solitude aimée et les sensations des bois bretons de son enfance ; les jolies Indiennes qui lui tournent autour avec une innocence coquette réveillent une nature sensuelle réprimée, en même temps qu'elles sont des incarnations de ces femmes irréelles, idéalisées, dont les silhouettes l'ont suivi et hanté depuis sa jeunesse. Pour un être accoutumé aux fantômes, aux fantasmes, la forêt américaine est un refuge naturel. Pourtant déjà, observe-t-il avec sa mélancolie coutumière, la « sauvagerie » recule ; victimes des coups des civilisateurs  et corrompues par leurs vices, les tribus du nord au sud sont repoussées, chassées de leurs terres, privées de leurs rites,  salies par l'expansion du commerce, quand elles ne sont pas massacrées par les soldats de cette nouvelle république qui feint de conquérir des « déserts » et en déloge et détruit des populations entières. Avant de se réembarquer  vers  la France pour aller servir par l'épée une cause à laquelle il n'est pas sûr de croire,  ce chevalier sans Graal médite longuement sur l'avenir de ce pays où il perçoit la puissance irrésistible et les contradictions internes qui l'accompagneront au fil de son histoire et aujourd'hui encore : il mentionne explicitement, en anticipation de la guerre de Sécession,  les conséquences de l'esclavage,  mais aussi celles du massacre des Indiens, de l'urbanisation galopante, ainsi que l'impact destructeur  pour l'unité de la société de la religion du commerce et des extrêmes inégalités de fortune. Ce n'est pas une analyse,  même s'il y mêle des « data », comme on dirait aujourd'hui - plutôt une série de  fulgurantes visions. Philadelphie, où le « palais présidentiel » de Washington est une modeste maison, n'est alors qu'un village et New York un gros bourg. Comment un esprit aussi violemment tourné vers le passé, aussi amoureux de ce qui n'est plus, peut-il s'imprégner avec autant de force d'un futur qui n'est qu'esquissé ? Il faut croire que ce détestable génie ne l'entourait pas seulement de la fumée des songes mais d'un peu de ces cruels pouvoirs prophétiques dont l'exercice remplit le devin, non de vaine fierté, mais d'un invincible chagrin.


LA FIN DU MONDE EST AVANCEE

Par préfectoral arrêté

Suivant un ministériel décret

Il a été décidé

Que suite à la résolution de l'ONU

Votée à l'unanimité

En harmonie et conformité

Avec l'avis rendu

Par la bruxelloise commission

En plénière session

Et en application

De l'article 49.3 alinéa b

De la french constitution

Complété par un secret traité

Vous, peuple fier et libre, enfant d'une historique révolution,

L'avez pour de bon dans le tarfion

Et je ne parle pas des admonestations,

Des arrestations, des coûteuses contraventions !

Cette fois-ci c'est pour de bon :

La fin du monde est avancée.

 

Tous les citoyens sont ici avisés, notifiés et priés

De ne surtout pas paniquer,

Les voies publiques de dégager

Et de remettre à la saint Mélenchon

Leurs éternelles tentations

De se grouper pour protester

En défilantes manifestations

Entre République et Nation.

Pour éviter contagion

Et définitive déflagration

Vaines sont les rébellions

Point d'autre médication

Qu'une macronante soumission.

Braves gens soyez de bons Français

Chez vous restez confinés !

Ce n'est qu'un mauvais moment à passer

La fin du monde est avancée.

 

Seuls les naïfs croyaient

Qu'humains on était programmés

Pour encore durer quelques millions d'années

Trop lourd est pour la terre à porter

Le poids de nos  mortels péchés

La fin du monde est avancée.

Il y aura du direct à la télé

Ne tardez point à vous connecter

Entre de nombreux écrans de publicité

pour vous renseigner, vous éclairer

CNews et BFM télé

Sur leurs plateaux ont rassemblé

Des experts patentés :

En virologie, épidémiologie, en biologie,

Ce sont des cadors inouïs

Capables de répondre à toutes les questions

Que par millions vous vous posez

Et même à celles auxquelles , niais,

Vous n'aviez pas pensé.

Certains d'entre eux - c'est tout nouveau dans le milieu

Sont mêmes capables d'humblement balbutier

Je sais pas, m'sieur,  je fais d'mon mieux

 

En positive conclusion

D'un débat dont l'intensité

Pourrait vous fatiguer, vous stresser,

Nos chaînes ont recruté

Un as de la sportive compétition

Qui vous dispensera ses conseils de santé

Tout est permis, dopez-vous sans modération !

Sans barguigner, sur le balcon, dans l'escalier

Allez  illico vous entraîner !

En fin de programme, oyez ! oyez !

Débarquera du dernier vol de Bombay

Un king hindhou de la méditation.

Grâce à ce barbu sur Facebook infiniment liké

vous allez respirer et clamecer, assurément, mais relaxés !

 

En avant et un genou à terre, vaillants  morituri,
La  compagnie saluez !

Quand faut y aller faut y aller !

La fin du monde est avancée.

 


L OMBRE DES ROIS

 Sicut nubes, quasi naves...   velut umbra
« Comme  un nuage... comme des navires, comme une ombre »

(Châteaubriand en exergue des Mémoires d’Outre-tombe) 

 

Ma vie m’a mis en contact avec quelques « puissants », sans me couper de la glèbe dans laquelle mes ancêtres ont vécu et travaillé pour que je naisse et vive libre. Ainsi, je l’espère, ai-je appris à ne mépriser ni craindre personne. «  Je n’étais bon, ni pour tyran, ni pour esclave », écrit Châteaubriand dans le livre II des Mémoires d’Outre-Tombe, « et tel je suis demeuré. »

Aristocrate sans fortune ni sens de la carrière, solitaire et mélancolique, Châteaubriand, exilé de sa Bretagne natale en 1788, a des mots sans tendresse pour décrire la cour finissante de Versailles – seuls le cou et les mains de Marie-Antoinette et les boucles blondes des enfants du couple royal éveillent en lui une compassion rétrospective – l’année suivante, c’est l’effarement qui s’empare de lui devant le spectacle presque comique des « vainqueurs de la Bastille », groupe dépenaillé qui l’a emporté sur des troupes invalides et un gouverneur timide, dignes symboles d’un régime en bout de course; quoiqu’il ait eu de la sympathie pour les « idées nouvelles », l’effarement du jeune chevalier tourne à l’effroi devant les premières têtes sur les piques brandies en triomphe. Au-delà de son horreur face aux crimes, commis au nom de la liberté, il exprime un dégoût aristocratique devant la vulgarité de ce peuple de poissardes et de sans culottes qui le gêne dans ses flâneries et l’oblige à désennuyer son ennui au fond d’une loge de théâtre où il trouve son « désert » chéri et observe à la dérobée une jeune fille dont il ne sait si elle lui plaît, s’il l’aime, mais qui lui fait si « terriblement peur » qu’il ose à peine lui adresser la parole.  Est-ce le même homme qui, revenant à Londres trente ans plus tard comme ambassadeur de la Restauration, se souvient des années qu’il y a passé, émigré sans le sou ? Sitôt  libéré du protocole, il fuit la pompe et les ors pour déambuler dans les rues pauvres, recherchant les portes « étroites et indigentes» où il trouvait refuge au temps de sa misère d’exilé.

Ce « noble sans vassaux ni fortune » et les enfants ou petits-enfants d’esclaves africains ne sauraient être plus différents ( j’aurais voulu voir la tronche de François René, habitué des  opéras aux Italiens, devant Howlin’ Wolf ou Koko Taylor). Ils ont pourtant un océan en commun : c’est sur l’Atlantique qu’ils embarquèrent pour l’Amérique, lui seul et libre pour une aventure longuement rêvée et choisie, eux battus et enchaînés pour aller se casser le dos dans les champs.

Combien d’aristos parmi les bluesmen and women retrouvés il y a une vingtaine d’années par Martin Scorsese et sa petite bande d’aficionados de la musique noire africaine-américaine ? Si les bluesmen ont souvent des noms – voire des surnoms – royaux, il est frappant de voir combien ont vraiment commencé leur existence en ramassant le coton, en nettoyant les fossés ou les chiottes. Le blues n’est pas né du souvenir de la souffrance, mais de cette souffrance elle-même. Mais pour le petit nombre de ceux qui ont suivi des carrières royales, comme B.B. King, combien sont morts au fond de la misère à laquelle ils s’étaient arrachés, comme Rosco Gordon, star des années 1950 qui acheta sa première Cadillac à dix-sept ans et termina sa vie dans une blanchisserie du Queens à New York ?

« Je suis peut-être le seul homme au monde qui sache que ces personnes ont existé », écrit le vicomte de Châteaubriand, qui mentionne ensuite « cet oubli profond qui nous suit, cet invincible silence ».

Grâce à Scorsese and gang, une trace restera de ces beaux visages ravagés de tristesse et hantés par les crimes, de ces voix venues de l’oubli : leur monde a sombré presque aussi complètement que la société féodale dont Châteaubriand fut le dernier témoin.

Qui connaît encore les noms de Nehemiah « Skip » James , pasteur et bluesman mort à l’hôpital sans un sou, de J.B. Lenoir,  le Martin Luther King du blues, mort en 1967 après un accident de voiture, des suites d’une hémorragie interne négligée par les urgences à l’hôpital ?  Et Sister Rosetta Tharpe qui dirigeait son chœur de gospel une guitare électrique à la main ? Qui connaît la légende  de ces « Little », de ces « Big Joe », «  Big Johnny » ou « Big Sam », de ces « Fats » ?  Et qui, hors les Blues academies, a jamais entendu parler de Bobby Rush, qui, il y a vingt ans encore tournait, comme depuis ses débuts un demi-siècle plus tôt, dans les bars craspouilles du « Chitlin Circuit », déchaînant les foules avec son look gangsta rap avant la lettre et son « electric mud »,  impur de blues, de gospel et de funk ?   Bobby s’arrangeait toujours pour être de retour chez lui, à Jackson, Mississipi, à temps pour se changer et se rendre en famille la messe baptiste de 9h15 du dimanche matin : « on Saturday night, I dance for the babe – and on Sunday morning, I dance for Christ. »

Comme au temps de Châteaubriand, qui notait que les hommes et leurs monuments passent, ceux-là ont disparu, comme les rues qui étaient  pour eux haven and heaven », leur hâvre  et leur paradis : Beale à Memphis et Maxwell à Chicago – mais les ombres de ceux qui en furent les  rois, des reines, nous accompagnent – et leurs voix casées de chagrins et de joies…

 

Références

Je lis Châteaubriand en intégrale dans l’édition de la Pléiade  mais il existe une édition en 2 tomes dans la collection Le Livre de Poche.

The Blues (2003), coffret de sept films produits par Martin Scorsese, réalisés par Scorsese in person, Wim Wenders, Charles Burnett, Mike Figgis, Richard Pearce, Marc Levin et Clint Eastwood.

 

 


Allez les masques !

Ce matin pendant mon unique sortie  (boulangerie, boucherie) de la journée dans la rue, j'ai vu une mutante : une bonne soeur burqhée : entièrement couverte de la tête aux chevilles, elle avançait à petits pas angoissés, comme un oisillon qui traverse la route. Ne sachant pas s'il fallait dire «  Le seigneur soit avec vous » ou « As Salam alaeikum », je me suis contenté de la saluer de loin.

Trêve de déconnade, passons aux choses sérieuses !

J'ai comme tout le monde entendu aux niouzes que la société Décathlon allait offrir aux hôpitaux  français des masques de plongée : moyennant un bricolage assez simple, ceux-ci peuvent être reconvertis en respirateurs acceptables.

Une amie toubib  de Lariboisière me demande de relayer un appel pour que tous ceux qui seraient déjà en possession de masques de ce type les  déposent dans les hôpitaux. Moi  j'en ai pas (jamais plongé,  en mer je nageotte et fais  le canard ou   la planche) mais vous avez  l'article- et/ou si vous pouvez relayer l'appel auprès de vos zamizerezos, ce sera bien. Gardez le tuba et les palmes, je crois que ça leur sert à rien !

De toute façon, les filles, les vacances de  printemps c'est à la maison, compris ?

 

PS.  Pour Lariboisière, si c'est l'hôpital le plus proche de votre secteur (= le mien), faut livrer ou  faire livrer à Romain Duvernois, coordinateur logistique Lariboisière. Pour les autres j'ai  pas la liste des coordinateurs logistiques de tous les hôpitaux de France mais si vous apportez des masques à l'accueil, je suppose qu'ils vous les renverront pas dans la gueule.


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