Antoine Audouard

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LE FANTÔME DE NAVALNY


Sans l'admirer, un ami est impressionné par la détermination glaciale de Poutine à se débarrasser d'un adversaire dangereux. Il y voit l'assurance sans complexes de l'autocrate, une continuation de cette grande tradition russe qui, de Pierre le Grand à Staline en passant par Lénine, consiste à pratiquer  avec une égale placidité l'assassinat politique et le crime de masse.

Il me semble au contraire déceler une forme d'incertitude honteuse dans la « communication » de Poutine et de ses sbires au sujet d'Alexeï Navalny. Ayant d'abord prétendu l'ignorer comme « quantité négligeable » ne représentant que lui-même, ils l'ont accusé de délits imaginaires avant de tenter de l'empoisonner. Parce qu'il a dénoncé la corruption d'un homme et de son régime, ils ont mis en branle leur machine de propagande et les rouages éternels de la crainte et de la servilité afin de le condamner pour « extrémisme ». Parce qu'il n'était pas suffisant de l'emprisonner, ils l'ont déporté dans le goulag où il vient de trouver la mort. Pour un homme qui soi-disant ne représentait personne, ils ont réprimé brutalement tous ses soutiens à travers le pays, allant jusqu'à arrêter les citoyens russes qui voulaient simplement lui rendre hommage à Moscou. Le nom de Navalny n'a jamais été prononcé en public par Poutine, histoire de souligner par l'omission qu'il n'était pas grand-chose. Vivant, il n'a jamais reçu l'autorisation de voir des médecins choisis par lui. Mort, son corps est refusé à sa famille. Les grands assassins comme Hitler ou Staline n'avaient pas honte de leurs crimes et ne les cachaient pas, ils s'en vantaient même. Les voyous montés en graine comme Poutine sont des assassins honteux qui nient leurs crimes et les maquillent. Parions que la pseudo-enquête diligentée par Moscou « prouvera » bientôt, certificats médicaux à l'appui, que le courageux opposant a succombé à la mort subite du nourrisson,  une malformation cardiaque indécelable ou un coup de froid parce qu'il était sorti sans écharpe. Il faudra être acheté, aveugle, ou victime d'un torrent propagandiste pour croire à la pitoyable et tragique fable qu'ils vont nous concocter.

Dans certains films il arrive que le « bien » triomphe du « mal » et les « gentils » des « méchants » ; la vie n'est pas Hollywood et les fins y sont rarement roses. De plus la « roue de l'info » tourne à pleine vitesse. Il est donc possible que le tsar au petit pied et ses cloportiques sbires réussissent à faire oublier au reste du monde et aux Russes eux-mêmes le sens des combats de l'avocat assassiné. Leurs simagrées prouvent au contraire leur crainte que, mort, il ne soit pour eux aussi embarrassant qu'il ne l'était vivant : le fantôme de Navalny n'est pas près de disparaître et, à défaut de hanter des consciences depuis longtemps anesthésiées par l'habitude du mensonge, des vices et des crimes, il pourrait se révéler une impressionnante présence post-mortem, une menace politique sérieuse pour un régime ayant perdu toute légitimité morale vis-à-vis de son propre peuple.

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QUE DES BONNES NOUVELLES !


Follohoueurs, follohoueuses de mon coeur,

Vous êtes comme moi assaillis dès que vous ouvrez les yeux ou les oreilles : les bombes qui tombent à Kiev, Gaza, explosent à Téhéran, Bagdad, les tremblements de terre au Japon. Et plus émergent les pratiques mafieuses et criminelles de M. Trump, plus il monte dans les sondages.

Alors je vais vous annonce non pas une, non pas deux, mais trois bonnes nouvelles :

1/ Le réchauffement climatique, c'est fini.
La preuve : nous sommes à New York depuis  quatre semaines et il commence à faire froid. Il est évident que se font sentir les premiers résultats de la COP 28, dont les écolo-gauchos doutaient, prétendant qu'elle n'était qu'un cache-misère et, pire, un paravent sur les juteux deals pétroliers conclus par son président, Sultan Al-Jaber. Ah, c'te mauvaise foi !

2/ Le racisme dans les sociétés occidentales, c'est fini.

3/ La misogynie et les discriminations envers les femmes, c'est fini !

CQFD : suite à des manifestations pro-palestiniennes sur leurs campus et à des accusations d'antisémitisme, plusieurs présidents d'universités prestigieuses ont été amenés à s'expliquer. Trois ont été contraints à la démission, mais il n'y a que les esprits chagrins pour relever que ce sont uniquement des femmes qui ont dû quitter leurs fonctions - la dernière en date, celle de Harvard, se trouvant être d'origine haïtienne. Une femme noire (« la présidente noire de Harvard » titre le site Actualités internationales dont je reçois la newsletter tous les jours) certes, mais on a découvert en plus que cette « enseignante réputée » n'était qu'une bidon : elle avait pratiqué le plagiat dans certaines de ses publications universitaires.

Est-ce parce qu'elle est noire et ne devait sa position qu'à la couleur de sa peau ? Je ne sais pas : des études très sérieuses ont démontré que les Noirs étaient doués pour beaucoup de choses (la boxe, le sprint, le basket, le vol à la tire, le jazz?), mais pas les études : comme dirait M. Zemmour, ce n'est pas un crime en soi d'être femme et noire, mais les « progressistes woke » qui l'ont installée dans sa position sans qu'elle en ait les compétences portent une lourde responsabilité dans cette affaire.

Le président de Yale n'a jamais été inquiété, lui, non qu'il soit un homme blanc, mais parce que dans son établissement les étudiants ont continué à étudier et n'ont pas transformé leur campus en un vaste forum de propagande pro-Hamas.

J'entends : il y a sur le campus de la très richement dotée Yale plus de professeurs et d'employés administratifs que d'étudiants, donc les risques de « débordements » sont plus limités qu'ailleurs.

Quant à Mme Gay, elle s'est expliquée  il y a quelques jours dans un bref papier du gauchiste New York Times. Elle a plaidé « l'erreur » et tenu des propos enfin clairs et nets sur sa condamnation du Hamas ; quant à ses plagiats, elle les a niés. Quelques manques mineurs dans la citation de ses sources. Une paille.

Trop peu, trop tard? est-ce parce que c'est une femme noire qu'elle est si empotée ? Ou bien elle nous prend pour des caves ?

Je ne me prononce pas, mais une chose est certaine : il n'y a aucun préjugé de sexe ou de race dans cette affaire. Aucun.

Sur ce, bonne année, follohoueurs, follohoueuses - et surtout la santé !

 

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